Service (national) minimum

À quoi sert-il dans ces conditions ?

Le Service National Universel (SNU) a beau avoir été rattaché au ministère des Armées, son organisation tient plus des pitreries de « La Septième Compagnie » que de la haute discipline militaire !

Cette année et jusqu’au 15 juillet, le SNU réunit 40 000 volontaires âgés de 15 à 17 ans. Affectés à des « séjours de cohésion » de deux semaines rythmés par des levers de drapeaux, les ados auront quelques anecdotes à raconter sur les couacs qui ont égayé leur quinzaine…

Vingt malaises à Besançon, pareil à Nevers, dix à Dieppe…

Les cérémonies du 18 Juin, organisées entre midi et deux en pleine canicule, ont fait fureur. Au total, 31 participants ont fini aux urgences, selon l’Education nationale, qui, aux côtés des Armées, gère l’intendance.

Personne, en effet, n’avait pensé à avancer le passage en revue des troupes, ne serait-ce que de quelques heures. Les jeunes ont également apprécié la surprise de leur lieu d’affectation : les convocations n’ont été envoyées que trois jours avant leur départ.

Cause de la désorganisation ? Une pénurie de transporteurs. Si des chauffeurs espagnols sont venus à la rescousse, la direction du SNU, selon un syndicaliste témoin d’une réunion houleuse, a jugé les retards « proches de l’inacceptable ». De quoi provoquer une vague de désistements chez les conscrits.

Colo hors de prix

Autre vague : celle du Covid. Le centre de Guadeloupe, touché par l’épidémie, a fermé le 22 juin. Jolie galère pour les retours ! D’autant que le protocole sanitaire n’a été imposé que six jours après le début du séjour… « Les rapatriements ont été bricolés, avec certains retours en ambulance qui ont coûté jusqu’à 3 000 euros », s’exaspère le Syndicat de l’encadrement de la Jeunesse et des Sports SEJS-Unsa. Comme si le projet n’était pas assez cher !

Chiffré à 2 140 euros par jeune — largement plus que deux semaines en colo le SNU coûtera 1,7 milliard d’euros lorsqu’il mobilisera 800 000 jeunes par an, selon les voeux du président Macron.

Du sport en perspective puisque, d’ores et déjà, les fonctionnaires peinent à rameuter des « encadrants ». « On monte des équipes comme on peut, avec des militaires à la retraite, des profs, des animateurs Bafa… soupire un syndicaliste du SEJS-Unsa. On fait une entorse au règlement en ayant un taux d’encadrement de 50 % de non-qualifiés. »

Le tout dans une ambiance amateur : les encadrants en question reçoivent leur convocation moins d’une semaine avant le début des séjours, et les chefs de centre sont formés en cinq jours !

Si les ados en uniforme en sortent plutôt amusés, les organisateurs, eux, en prennent pour leur grade…

Article signé des initiales F. R.-G. Le Canard Enchainé. 13/07/2022

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