«Les prédateurs»

Ils m’ont tout pris : mes hommes, mes femmes,
Mes jeux secrets et mes caresses,
Mes turbulences, mes oriflammes,
Mes mains complices de la tendresse
Ils m’ont tout pris et Dieu, mon âme

Compagnons de la chimère
Maîtresses de la pétaudière
Amants de la violation
Femmes vautours de la passion

Ils m’ont tout pris, les encastrés,
Mes jours sans fin, nuits sans sommeil,
Mes forces vives fragilisées,
Mes ruptures en forme d’éveil
Ils m’ont tout pris dans la foulée

Compagnons de la chimère
Maîtresses de la pétaudière
Amants de la négation
Femmes vautours de l’occasion

Ils m’ont tout pris, les prédateurs,
Et tout mon corps y est passé
M’ont dévorée jusqu’à l’horreur
Jusqu’à vouloir me supprimer
Ils m’ont tout pris en profondeur

Compagnons de la chimère
Maîtresses de la pétaudière
Amants de la déraison
Femmes vautours de lunaison

Ils m’ont tout pris mais je suis là
Surdouée de la survivance
Je sais encore ouvrir mes bras
Aux émois de la fulgurance
Ils m’ont tout pris, me revoilà!

Compagnons de la chimère
Maîtresses de la pétaudière
Amants de la désillusion
Femmes vautours de l’illusion


Catherine Ribero


Qui se souvient d’elle, la « pasionaria rouge »…

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