Les noms de famille…

Enfin un arrangement possible afin d’évacuer d’indéniables blessures

L’impératif de la lignée patriarcale, sa verticalité, ne souffrait pas d’exception, le patronyme (« nom du père », étymologiquement) affirmant son règne d’abord par le mariage, ensuite par la naissance.

Dès 2005, il était théoriquement possible de transmettre à l’enfant le nom de la mère, ou les deux noms. Mais si le père effectuait la déclaration de naissance sans l’accord de la mère, le sort en était jeté: l’enfant porterait le nom du père. Dans les faits, c’est ce qui se passe toujours pour 85% des enfantsfrançais.

L’actualité offrant peu de motifs de se réjouir, saluons la possibilité, depuis le 1er juillet, de changer son nom par simple déclaration à l’état civil.

Toute personne majeure peut désormais demander, une fois dans sa vie, de prendre ou d’ajouter le nom de son autre parent, par une simple démarche en mairie, sans avoir à formuler de justification.

C’est bien sûr une chance pour la diversité patronymique, les noms rares pourront être plus aisément transmis. Mais c’est surtout un soulagement pour tous ceux qui portent un nom qui leur pèse.

Jusqu’alors, ils pouvaient en changer, mais cette décision devait être motivée et soumise à la justice, avec un résultat aléatoire.

Pour beaucoup d’enfants issus d’une histoire familiale douloureuse, voire criminelle (inceste, viol), cette loi offre l’opportunité d’une réparation.

Pour tous les autres, se dessine simplement la possibilité de choisir sa filiation et d’écrire ainsi sa propre histoire familiale


Vincent Remy. Télérama N°3782 – 9/15 juillet 2022


Une réflexion sur “Les noms de famille…

  1. jjbadeigtsorangefr 07/07/2022 / 21:45

    C’est pas trop tôt………….

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