Candidats aux municipales balancés à la justice

Les prêts électoraux prêtent à confusion.

Dans son dernier rapport d’activité, la Commission nationale des comptes de campagne et des Financements politiques (CNCCFP) s’inquiète du peu de suivi dont ils font l’objet. Face aux réticences des banques, de plus en plus de candidats empruntent à des particuliers — sans contrôle. Or, si les dons sont encadrés (une personne ne peut donner plus de 4 600 euros par élection), les prêts, eux, ne le sont pas.

Aux municipales, relève le document, un seul individu a, par exemple, avancé 200 000 euros à plusieurs candidats ! S’il n’a pas été remboursé, il s’agirait tout bonnement de financement électoral déguisé.

Lors des municipales de 2020, 449 listes (sur 5 111) avaient eu recours à des prêts, pour un montant total de 4,9 millions d’euros.

Les listes du RN Stéphane Ravier, à Marseille, ont ainsi reçu 418 000 euros. Rebelote aux régionales de 2021, où les prêts individuels se sont révélés 18 fois plus nombreux qu’en 2015.

Mi-2021, précise le rapport, « seuls 10 % des candidats concernés s’étaient acquittés de leurs obligations de justification du remboursement des prêts contractés ».

En interrogeant d’anciens postulants à l’élection, la commission a même découvert des prêteurs qui ne voulaient pas être remboursés…

En avril 2022, interrogés sur ce mode de financement, plus d’une centaine de candidats n’avaient pas offert les réponses attendues. La CNCCFP en a signalé 99 à la justice.

Les intéressés risquent d’avoir l’air un peu emprunté.


Article signé des initiales J.C. Le Canard Enchainé. 29/06/2022


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