Pas trop salé

Le sel aussi est pollué, mille fois hélas.

Les paludiers de Guérande ou de Ré, souvent de merveilleux artisans, ont du souci à se faire. Le sel n’est pas épargné par la pollution généralisée.

Cela n’a pas échappé aux professionnels de Guérande, qui ont appris comme tout le monde, en février 2018, que le sel d’un de leurs confrères avait été rappelé par un avis impératif de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de ta répression des fraudes (DGCCRF).

Il contenait, en effet, bien trop de plomb. Ce qui fait uniquement confirmer une étude de Que choisir datant de 2011. S’agit-il vraiment du plomb déversé par les chasseurs ? Ou d’un ancien ball-trap, qui aurait pollué le milieu ?

Si certains paludiers commandent des analyses (mais sur quoi ?), elles ne sont en tout cas pas rendues publiques, ce qui n’est pas très bon signe. Une étude fort sérieuse, parue en 2017 sur Scientific Reports, décrit une situation désastreuse (1).

Des chercheurs ont, en effet, analysé 17 sels de table venus d’Australie, d’Iran, du Japon, de Nouvelle-Zélande, du Portugal, d’Afrique du Sud, de Malaisie et de… France.

Tous, sauf un, contenaient des microplastiques et donc, nécessairement, les polluants qui s’y collent par affinité chimique. Le gagnant est français – cocorico -, mais cinq autres sels pollués aussi…

Et la vraie question est ailleurs.

Qu’en fera-t-on des analyses complètes, exhaustives, considérant, par exemple, les nanoparticules, les perturbateurs endocriniens et l’effet cocktail ?


Fabrice Nicolino. Charlie Hebdo. 29/06/2022


1. nature.com/articles/srep46173 (en anglais).