Hopitaux : les Urgences le déclin !

La première ministre a reçu, jeudi, 41 recommandations pour l’été « à haut risque » qui s’annonce à l’hôpital. […]

Les conclusions de la « mission flash » sur les urgences en péril à la veille de l’été, commandée le 29 mai 2022 par la ministre de la santé, ont été remises jeudi à Élisabeth Borne.

Des « solutions pragmatiques, rapidement applicables », étaient réclamées.Un mois plus tard, alors que le ministère est semi-vacant depuis la défaite de Brigitte Bourguignon aux législatives, l’introduction insiste sur l’urgence : cette « crise atteint des proportions qui peuvent mettre en danger dès cet été la permanence et la continuité des soins ».

Rédigé par le docteur François Braun, chef du service des urgences du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville et président du Samu-Urgences de France, le rapport présenté à Matignon dresse d’abord un état des lieux affligeant.

Fin mai 2022, 120 services étaient en difficulté. La situation s’est depuis aggravée puisque 133 services connaissent désormais de graves problèmes de fonctionnement, dont 11 CHU (centres hospitaliers universitaires) et 2 CHR (centres hospitaliers régionaux), indique le rapport.

« Quasiment tous (119 sur 133) souffrent d’une pénurie de médecins urgentistes qui amène à supprimer des lignes de présence médicale, principalement la nuit », précise le document. Or cette solution est « mortifère », car elle accroît encore l’activité des médecins restants et « les pousse à leur tour à quitter le service ».

La dégradation des soins va bien au-delà des urgences. Selon une enquête menée dans 200 centres hospitaliers, « l’immense majorité des établissements craignent des difficultés majeures dans l’offre de soins qu’ils apportent, à court ou même très court terme. Plus de la moitié ont déjà mis en place une déprogrammation » des opérations ou des consultations, faute de soignants ou de lits disponibles.

 […]

Le docteur Braun demande au gouvernement un engagement financier sans attendre. La valorisation des heures de travail de nuit et de week-end des personnels médicaux et non médicaux doit être doublée, immédiatement. Le sujet sera aussi sur la table de la conférence santé prévue à la rentrée. Les urgences pédiatriques, gynéco-obstétricales et psychiatriques, elles aussi en très grande difficulté, ne doivent pas être oubliées.

Pour les patients, ce rapport annonce possiblement une révolution : la fin de l’accueil sans condition aux urgences. Leur accès devrait être régulé, de jour et nuit, pose François Braun, au moins pour l’été. Les malades seraient trié-e-s et les cas les moins graves réorientés vers la médecine de ville.

Cette régulation incomberait au 15 ou à un infirmier d’accueil posté à l’accueil des urgences.

La baisse de fréquentation devrait être importante, estime le docteur Braun, puisque des études estiment que de 20 à 30 % de l’activité d’un service d’urgences consiste à prendre en charge des pathologies non urgentes qui pourraient être vues par un médecin généraliste.

 […]

Autre difficulté : si les urgences renvoient les patient-e-s en masse vers la médecine de ville, celle-ci doit pouvoir répondre à l’afflux. Or 10 % de la population n’a pas de médecin traitant. Et depuis 2002, les médecins libéraux ne sont plus tenus de participer à des gardes de nuit ou de week-end. Dans plus de la moitié du territoire français, il n’y a pas, ou pas assez, de médecins de garde.

 […]


Caroline Coq-Chodorge. Médiapart. Source (Extraits)


Une réflexion sur “Hopitaux : les Urgences le déclin !

  1. jjbadeigtsorangefr 02/07/2022 / 23h34

    Cautère sur une jambe de bois ces mesures ne visent qu’a faire croire que l’on en prend. La réalité reste le déclin du service de santé générée par les gouvernements successifs dont le seul objectif a été de faire des économies. Plus de technocrates et moins de soignants.

Les commentaires sont fermés.