Expression commune

Être sous la coupe de quelqu’un !

On sait ce qu’est couper les cartes : diviser le paquet en deux.

Ce geste détermine l’ordre définitif dans lequel elles seront distribuées dans le jeu.

Aujourd’hui simple routine, on lui accordait autrefois une valeur quasi magique dans la fixation du sort. Au point que le joueur qui se trouvait placé immédiatement après le coupeur se considérait comme sous son influence directe, dans une dépendance qu’il redoutait.

Il était « sous la couppe » d’un tel et sa chance en dépendait.

« Les joueurs ont cette sotte croyance qu’il y a des gens qui ont une couppe malheureuse, qui ne veulent point être sous leur couppe », dit très raisonnablement Furetière. Il ajoute en passant : « Ils appellent une couppe foireuse celle qui n’est pas nette, et dont on laisse échapper quelques cartes en coupant ».

A propos de coupe foireuse, il existe celle des tricheurs, sous laquelle effectivement il vaut mieux ne pas se trouver. Une façon d’obliger quelqu’un à couper là où on le désire est le système du pont : « carte cintrée, introduite dans un jeu de manière que la coupe se porte à l’endroit où elle est placée ». (Esnault.)

C’est ce que l’on appelle couper dans le pont, c’est-à-dire, au figuré, être la victime crédule d’un stratagème quelconque. On a dit par la suite « couper dans la combine ». Aucun rapports avec « couper les ponts », sauf, bien sûr, si le dupe se fâche !


Claude Duneton – « La puce à l’oreille »


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