Le même refrain…

… à chaque élection !

Reste que leurs productions influent beaucoup sur les électeurs donnant le sentiments que tout est « joué » d’avance, d’où peut-être le nombre d’abstentionnistes… MC

« Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu’il avait prédit hier ne s’est pas produit aujourd’hui », disait le pédagogue canadien Laurence Johnston Peter. La réflexion s’applique également aux sondeurs, qui, lors de ce second tour, se sont joliment plantés.

La comparaison entre les dernières prédictions des principaux instituts (Ipsos, Ifop, Elabe, Harris Interactive), publiées l’avant-veille de l’élection, le 17 juin, et le verdict des urnes, deux jours plus tard, est en effet cruelle pour eux.

Non seulement nos experts ont surestimé les intentions de vote en faveur de la majorité présidentielle et de la Nupes, mais ils sont aussi — et surtout passés à côté de la percée du Rassemblement national.

Qu’on en juge ! Alors que les instituts précités estimaient que la coalition Ensemble ! (composée principalement des partis Renaissance (ex-LR-EM), MoDem et Horizons) allait obtenir entre 264 et 302 députés (en prenant la moyenne des fourchettes basse et haute des instituts précités), la majorité présidentielle doit finalement se contenter de… 245 parlementaires.

Bonjour la fausse joie pour les macronistes !

Du côté de la Nupes aussi, on s’attendait à mieux. Deux jours avant le scrutin, les sondeurs donnaient à l’alliance Nupes un nombre de sièges compris entre 153 et 195. Avec « seulement » 131 députés à l’arrivée, la moisson est moins bonne que prévu. Et dire qu’à 158 députés près Mélenchon aurait pu devenir Premier ministre !

Si les instituts ont visé juste concernant le score des Républicains et de l’UDI(dont le nombre de sièges au total (64) se situe dans la fourchette de leurs projections), ils se sont vautrés dans les grandes largeurs s’agissant du RN. Ils sont 89 (au secours !) à entrer à l’Assemblée, quand les sondeurs prédisaient, dans leurs dernières enquêtes, qu’ils seraient entre 25 et 49 .

Comment expliquer un tel écart ?

Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos, reconnaît avoir « sous-estimé l’ampleur »d’une tendance lourde : le mauvais report de voix en faveur des candidats opposés au parti de Marine Le Pen.

Autrement dit, « quand un candidat RN avait un duel avec la Nupes, les électeurs d’Ensemble ! ne sont pas allés voter pour le candidat de la gauche. Quand un candidat RN faisait face à un candidat d’Ensemble !, les électeurs de la Nupes ne se sont pas non plus déplacés »(Franceinfo, 19/6). Ce qui reste encore à démontrer avec des études circonscription par circonscription.

Et le sondeur de conclure : « Il y a peut-être d’autres raisons [qui expliquent l’écart constaté], il faudra qu’on y travaille et ça prendra un peu de temps. Mais je ne pense pas que ça remettra fondamentalement en cause notre méthodologie. »

Alors tout va bien ?


Article signé des initiales C. B. Le Canard Enchainé. 22/06/2022


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