Trump, le boutefeu en chef du Capitole

La justice US fait son chemin, qu’en sortira-t-il ?

Toujours la mèche flamboyante au vent, Donald Trump a été accusé, le 9 juin 2022, par la représentante républicaine Liz Cheney d’avoir lui-même « allumé la mèche » de l’assaut lancé contre le Capitole le 6 janvier 2021. Et ce en ouverture de six auditions solennelles télévisées qui établissent la responsabilité centrale de l’ex-président dans cette « tentative de coup d’Etat ».

Trump était si obsédé par les allégations de fraudes ayant conduit à sa défaite, et si « détaché de la réalité », que son entourage le jugeait « trop dangereux pour être laissé seul » et a envisagé de le destituer…

Pendant l’assaut, il s’est montré pousse-au-crime : « Au courant des chants des émeutiers appelant à pendre (le vice-président) Mike Pence, le Président a répondu (…) : « Peut-être que nos partisans ont une bonne idée. » »

Un complot contre la démocratie ? Ça y ressemble : déchaînement de violence sur le moment transformant le Capitole en « zone de guerre », selon une policière sauvagement agressée, et concertation secrète des chefs des milices extrémistes Proud Boys et Oath Keepers la veille, dans un parking…

La deuxième audition, le 13 juin, a encore noirci le tableau. Le propre directeur de campagne de Trump, Bill Stepien, a raconté faire partie de la « team normale », sceptique sur les fraudes, face à l’avocat surexcité Rudy Giuliani, qui, « en état d’ébriété » le soir de la défaite de Trump, l’a poussé dans sa croisade contre l’élection volée.

Résultat : 62 plaintes déposées, dont aucune n’a abouti, et 250 millions de dollars levés, dont une partie semble s’être évaporée… La démocrate Zoe Lofgren a résumé : « Après le grand mensonge, la grande arnaque », qui pourrait déboucher sur des poursuites financières, en plus des condamnations pour « menées séditieuses ».

Le calcul politique n’est pas absent de ces auditions solennelles, scandées de « vidéos très efficaces » (« Le Monde », 11/6 et 15/6). L’impopulaire Biden et les démocrates comptent dessus pour se refaire à l’approche des élections de mi-mandat. Mais les Américains, enfermés dans leurs certitudes, ne croient plus à rien.


Article signé des initiales D. F. Le Canard Enchainé. 15/06/2022


Une réflexion sur “Trump, le boutefeu en chef du Capitole

  1. bernarddominik 22/06/2022 / 21:25

    En France ce ne serait pas possible de poursuivre le président.

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