Quelques infos…

… Avant l’ouverture des bureaux de votes !

En ces derniers jours de campagne, les candidats macronistes à la députation qui se retrouvent en ballottage défavorable font plutôt grise mine et profil bas. Charlie Hebdo s’est rendu à l’une des dernières rencontres publiques d’une députée labellisée Ensemble. […]

Ses capacités de communicante, sa féminité et sa jeunesse – autant d’attributs recherchés par LR-EM – ont fait le reste. On lui promettait alors un bel avenir en politique. On ne s’était pas trompé et elle ne nous a pas déçus. À 26 ans, Bénédicte Peyrol a été élue les doigts dans le nez en 2017. Cinq ans plus tard, c’est une autre histoire. Et un autre discours.

C’est une jeune femme modeste qui se présente aujourd’hui dans une salle quasi-vide dans la troisième circonscription de l’Allier (Vichy et alentours). C’est là que l’écoute sagement une quinzaine de supporters qui opinent du chef lorsque la députée sortante vante son bilan et celui du Président réélu.

Elle qui était alors à la prestigieuse commission des finances, qui un temps a été considéré comme une figure phare de la majorité parlementaire, et décrite comme ayant l’oreille du président de la République, a tenu, jeudi 16 juin, un meeting aux allures de réunion Tupperware. Une causette d’une heure modeste, à l’image de sa campagne quasi inexistante – elle préfère dire « écologique et économique », car « si on demande des efforts aux Français, on se doit de montrer l’exemple ».

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En ce jeudi 16 juin 2022, pendant une heure, elle va parler enfants beaucoup et d’elle encore plus. Insister sur sa volonté de porter la voix des femmes à l’Assemblée nationale  […] . Le quotidien local La Montagne qui l’égratigne trop à son goût sera copieusement étrillé. Les messieurs âgés qui font de la politique et tiennent sa circonscription sont décrits comme empêcheurs de marcher en rond « ou disent des choses choquantes sur l’IVG alors qu’ils n’ont jamais porté la vie en eux »

Bref, Bénédicte Peyrol, femme puissante en 2017 semble être devenue une pauvre petite chose en ballottage défavorable derrière Nicolas Ray, un quadra des LR qui, lui aussi, a les dents longues.

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Retour à notre petite causerie publique du soir où Bénédicte n’est pas avare de confidences.

On y apprend que celle qui fanfaronnait dans les médias sur ses compétences de fiscaliste, avoue ne « pas avoir tout compris au premier budget de l’État » alors qu’elle siégeait à la commission des finances et était censée y représenter son groupe politique. On sent chez Bénédicte Peyrol une grande appréhension du scrutin de dimanche, avec des reports pas gagnés et un grand sentiment de solitude. « Personne ne veut s’afficher avec moi. Seul le PRG m’a apporté officiellement son soutien et à titre individuel quelques EELV, peut-être quelques soutiens de certaines des composantes de la Nupes, des socialistes mais à titre individuel également. »

On passe ensuite en quelques mots sur l’écologie pour la forme et pour se féliciter de l’adoption toute récente « par une Europe unie de la taxe carbone aux frontières ».  […] À côté de ça pas un mot sur les services publics, pas un mot sur la ligne SCNF en grande difficulté Clermont-Ferrand/Paris, sur l’hôpital en crise ou sur l’école. Mais beaucoup de « moi je » distillés tout au long de son discours et de sa posture modestes.

Comme quoi, même avec un ton plus bas et en « ayant appris de [ses] erreurs », les fondamentaux de la Macronie demeurent.


Natacha Devanda. Charlie Hebdo Web. Mis en ligne le 17 juin 2022. Source (Extraits)


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