Paris Baguette.

Le nom fleure bon la France.

Évoque aussitôt l’image de la capitale, l’odeur appétissante du produit phare de la gastronomie hexagonale.

Rien de vraiment français pourtant dans les quatre boulangeries de la région parisienne de cette enseigne, des franchises du groupe sud-coréen SPC. Un poids lourd de l’agro-industrie du pays, dont les 4 000 boutiques, en majorité franchisées, se trouvent principalement en Corée du Sud, en Chine, aux États-Unis et donc à Paris. Il s’y vend des pains, des viennoiseries, des pâtisseries, des plats préparés et surgelés en Corée du Sud qui sont expédiés par avion. Bravo, l’empreinte écologique !

Et comme si cela ne suffisait pas, SPC est aussi dénoncée par les syndicats sud-coréens comme « l’une des pires entreprises du pays, en raison des conditions de travail et de l’exploitation abusive de son personnel ». Des faits pour lesquels SPC a déjà été condamnée par les autorités sud-coréennes.

Les syndicats du pays se sont d’ailleurs fendus d’une lettre à la mairie de Paris demandant à Anne Hidalgo, à défaut d’intervenir sur la politique sociale de SPC (pas évident dans un État dont le nouveau président rêve de faire travailler ses compatriotes « 120 heures par semaine »), d’« interdire l’utilisation » du nom « Paris » par le groupe, ce qui, assurent-ils, ne fait que dégrader l’image de la France en Corée du Sud.

Lettre restée pour l’instant sans réponse.

Quant aux patrons des franchises françaises, comme le souligne l’un d’eux : « Nous, on travaille en France. Ce qui se passe en Corée du Sud, j’en ai rien à foutre. »

Faut que ça marche à la baguette.


Patrick Chesnet. Charlie Hebdo 15/06/2022


Une réflexion sur “Paris Baguette.

  1. jjbadeigtsorangefr 18/06/2022 / 16:42

    Comment ne pas apprécier une baguette fabriquée en Corée, avec du blé français cuite à Paris par des ouvriers sans papiers payés une baguette de l’heure? Beurk

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