E-SPORT

Compétition d’arnaques

Ils n’ont de sportif que le nom : ce sont les compétiteurs de jeux vidéo, une discipline appelée « e-sport ».

Le 3 juin 2022, Emmanuel Macron recevait à l’Élysée plusieurs grands noms de ce « sport » français, parmi lesquels ZeratoR (à l’origine de l’événement caritatif Z Event, qui a permis de récolter 10 millions d’euros pour Action contre la faim en octobre dernier), Kameto, Prime, Kayane…

A la suite de cette invitation (à une semaine des législatives), le chef de l’État a promis de faire de la France « une grande nation» dans ce domaine. Une invitation qui peut surprendre, d’autant que le lendemain, ZeratoR organisait l’un des plus grands événements du secteur, la ZrT Trackmania Cup, à Bercy, réunissant plus de 15 000 fans.

Dans une émission diffusée en ligne, Popcorn, ce dernier révélera n’avoir été convié que trois jours avant la sauterie et devant son refus pour cause de répétition de son propre événement qu’il prépare depuis quatre ans, il se serait pris « des petites pressions » l’obligeant à s’y rendre.

Dans cette même interview, il raconte que ce n’est pas l’Élysée qui a organisé la rencontre, mais l’association France Esports, qui a pour objet de « développer, promouvoir, encadrer la pratique des sports électroniques dans un esprit d’équité et d’épanouissement humain ».

Plutôt et surtout un lobby adoubé par le Medef.

Mais c’est un adoubement somme toute choquant, lorsque l’on voit tout le business monté autour de l’e-sport, à commencer par les écoles. Vous avez bien lu, de nombreuses écoles proposent désormais de devenir des « cyberathlètes » pour la modique somme de plusieurs milliers d’euros par an.

En clair, vous videz votre Livret A pour que vous ou votre enfant passiez la journée à jouer sur un ordinateur, chose qui peut être faite gratuitement chez soi.

Dans une veine presque similaire, des formations pour devenir « influenceur » se multiplient chaque jour.

Si dans le premier cas, le but annoncé est de devenir le meilleur joueur de sa génération, dans le second, il est simplement question de « devenir célèbre », « obtenir plus de likes » et surtout « gagner de l’argent ».

Rassurons-nous, en termes de cours et de formations, il y a toujours pire pour ceux qui aiment se faire pigeonner.

Pour 8 000 euros seulement, vous pouvez par exemple suivre une formation pour apprendre à « draguer dans le métro» et « avoir une voix grave et sexy »


Lorraine Redaud. Charlie Hebdo 15/06/2022


Une réflexion sur “E-SPORT

  1. bernarddominik 18/06/2022 / 18:37

    Le monde est-il devenu fou ?
    Tout informaticien sait que les jeux vidéos sont pipés.
    Ils contiennent même des images subliminales, ce qui est interdit pour la pub, pas pour les jeux.

Laisser un commentaire