Locations de courte durée partout…

… Logements à  l’année nulle part !

En France comme un peu partout en Europe, la crise du logement s’accentue. Une très grande majorité de Français et d’Européens peinent désormais à se loger. Continuer à vivre ou venir vivre à l’année dans le lieu d’habitation et la commune de son choix devient de plus en plus complexe, voir parfois impossible. Propriétaires et locataires permanents, classes populaires et classes moyennes, précaires, séniors et jeunes familles… Tout le monde est touché !

La massification depuis 6/7 ans via les plateformes numériques dites « collaboratives » (Airbnb, Abritel…), des Locations de Courte Durée (LCD) en raison notamment du « sur-tourisme » et d’un nouveau modèle économique collaboratif « prédateur», a accéléré cette crise du logement dans « nos zones » touristiques caractérisée par une réduction importante de l’offre de logement à l’année et l’augmentation du prix des loyers et à l’achat.

Ce développement exponentiel non régulé des LCD révèle encore plus les conséquences de la crise du logement comme par exemple celui de : 

– transformer nos lieux de vie paisible en des lieux de conflits de voisinage et d’usage par les nuisances que cause une cohabitation forcée et régulière entre simples touristes de court passage et résident.es à l’année.

Les vacances de certains deviennent une « souffrance » pour certains habitants à l’année, victimes de la dépossession de leur lieu de quiétude, de leur sérénité, privés de leur temps légitime de repos et de réparation 

  • modifier la nature et le type de commerces et de commerçant.es avec la disparition de commerces du quotidien au profit de magasins à touristes très souvent franchisées 
  • réduire certains services publics de proximité par le changement du nombre et de la composition de la population en amenant une présence majoritaire d’une population touristique de court passage et de personnes un peu fortunées au détriment notamment des jeunes et des familles 
  • diminuer le lien social et durable au sein de son espace quotidien de vie en renforçant l’isolement de personnes seules notamment les séniors et en réduisant les possibilités de relations fraternelles de voisinage
  • allonger les déplacements pour celles et ceux qui ne peuvent plus ou pas se loger près de leur lieu d’activité professionnelle réduisant ainsi leur qualité de vie, leur possibilité de consommation dans la commune de leur lieu de travail et augmentant le cout de leur budget déplacements 
  • provoquer par la construction d’habitats nouveaux visant à compenser les logements perdus pour les habitants.es à l’année, mais trop souvent réalisés presque en majorité pour des résidents ponctuel.es et des touristes de court passage, la disparition et l’artificialisation de terres agricoles, espaces naturels ainsi que la destruction de quartiers anciens 
  • déséquilibrer au profit du seul secteur touristique un développement économique pluriel et être contreproductif pour cette même économie touristique, car ne permettant plus, par exemple, faute de logements accessibles, de recruter/employer des «saisonniers» 

Bien conscients que la crise du logement a de multiples facteurs (concentration trop importante de résidences secondaires dans certains secteurs, difficulté à maintenir et assurer un modèle de logement social adapté à toutes et tous, déficit de mesures pour réduire le nombre de logements vacants…) :

Nous considérons qu’il est possible d’augmenter très rapidement la part du logement disponible pour des habitant.es à l’année en réduisant prioritairement le nombre de LCD appartenant à des multi-propriétaires et des SCI.

Particuliers et Collectivités territoriales de tout bord ont déjà réalisé des démarches légales dans cette direction qui ont prouvé leur efficacité.

Des outils existent aussi bien en droit privé que dans le domaine des politiques publiques pour atteindre cet objectif de réduction mais actuellement l’État et les plateformes numériques de location de courte durée à ce jour ne facilitent pas cela.

C´est pourquoi, nous simples citoyens, associations, élus locaux, collectifs…demandons au nouveau Président de la République, à la Première Ministre et aux différents candidats.es aux élections législatives de juin, une fois élu.es, de faciliter et permettre en particulier :

  • la modification par l’État des critères aujourd’hui trop sélectifs de classification d’une commune en zone tendue afin d’autoriser la mise en place de règlements communaux ou intercommunaux visant à réduire le nombre de LCD.
  • l’inversion de la fiscalité en favorisant les loueurs à l’année plutôt que les multi-propriétaires et SCI de LCD comme c’est actuellement le cas
  • l’obtention plus facilement d’autorisation en faveur de construction de logement à l’année via « des dents creuses », des extensions, des fonds de jardin…
  • une vérification plus précise de la légalité de l’optimisation fiscale des revenus générés par les plateformes numériques de location de courte durée et des modalités de travail des «salarié.es des conciergeries» 
  • l’obligation pour les propriétaires/loueurs de LCD de posséder un numéro d’enregistrement pour mettre leur offre sur une plateforme numérique, à cette dernière de bien vérifier l’authenticité de ce numéro 
  • (Même obligation aussi à mettre en place pour l’autorisation de changement d’usage ou de destination délivrée à ces loueurs par les communes) 
  • la diffusion d’une information auprès des acteurs de l’habitat comme les syndics, les notaires, les agences immobilières… sur la nécessité de mettre à l’ordre du jour et de faire voter lors des AG de copropriétaires les éventuels changements d’usage de logements 
  • Face au renforcement de la crise du logement, il y a urgence : 
  • Réguler et réduire les LCD doit être désormais dans « nos territoires » touristiques, une des premières étapes d’une nouvelle politique du logement visant à donner priorité au droit à une résidence principale décente correspondant à son besoin et son choix, mais aussi d’avoir une vie ordinaire chez soi sans subir les désagréments, les nuisances, voire plus d’une activité commerciale dans son espace privé de tranquillité.

Nous espérons que le Président de la République, la nouvelle Première Ministre et les député.es dès leurs élections acquises, auront une véritable volonté et la capacité de prendre de bonnes et efficaces décisions en faveur de l’habitat « permanent » pour toutes et tous. Nous ne manquerons d’alerter et d’agir si rien n’est fait réellement en ce sens !


Texte signé par un collectif – Source


2 réflexions sur “Locations de courte durée partout…

  1. bernarddominik 17/06/2022 / 21:40

    Oui dans les villes touristiques c’est un vrai problème. Je ne comprends pas que l’état ne limite pas la part de locations de courte durée. Les municipalités ne sont pas toujours claires sur ce sujet, la suppression de la taxe d’habitation sur la résidence principale n’y est pas pour rien.

    • Libres jugements 18/06/2022 / 11:36

      Dans les villes touristiques, dis-tu, mais la situation est la même dans certains villages proches des « bassins » touristiques ou même les mobil-homes des rares campings ouverts à l’année appliquent le même mode de location hors saison.
      Des locataires temporaires (octobre-avril) « virés » dès qu’apparaissent quelques périodes de repos et grandes vacances

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