Dans le cadre…

Toutes infos sont bonnes pour se faire une idée personnelle…

Après l’échec sonnant de sa stratégie d’endormissement au premier tour des législatives, Macron a d’urgence dû revêtir sa tenue de chef de guerre et, après avoir appelé en Conseil des ministres à la mobilisation, monter lui-même au front pour tenter de limiter les dégâts au second.

Pas le front républicain, sur lequel, faute de directives claires de l’état-major, la ligne a semblé plus que floue quant aux consignes de vote en cas de duels Nupes-RN. Avant rectification, la colonelle Borne de Matignon avait renvoyé dos à dos mélenchoniens et lepénistes, ce qui faisait un peu désordre un mois après avoir sollicité à la présidentielle les voix utiles de gauche qui s’étaient, au premier tour, portées sur Mélenchon. « Pas une voix pour l’extrême droite », donc, mais un soutien compliqué au « cas par cas » et pas de soutien du tout dans celui d’un « candidat qui ne respecte pas les valeurs républicaines, insulte les policiers, demande de ne plus soutenir l’Ukraine, veut sortir de l’Europe ». On ne voit pas qui est visé !

Pas non plus, pour Macron, de front direct sur le terrain, ce sera pour la seconde partie de la semaine ; en attendant, les troupes s’en chargent. Et Borne sort l’artillerie lourde, voire lourdingue, pour canonner celui qui « prétend vouloir être Premier ministre » et « est surtout premier menteur » ou le même qui, « quand il n’est pas en tête, accuse les chiffres ». Et qui riposte à coup de fake news sur une hausse de la TVA que préparerait Macron. Les arguments baissent, mais le ton monte.

Le stratège de l’Élysée a choisi, lui, de commencer par prendre du recul en se rendant sur le front de l’Est. Visite aux soldats français en Roumanie dans le cadre de l’Otan, dépla­cement en Moldavie et possible crochet en Ukraine. Le tout, au-delà des considérations géopolitiques, étant, on l’aura compris, censé surligner la poutinophilie de Mélenchon, ses distances avec l’Ukraine et, dans le même temps, ses velléités de sortie de l’Europe et de l’Otan.

Un tir à longue distance qu’en Macronie d’aucuns trouvent trop lointain. Ils auraient préféré entendre Macron parler de sujets de proximité. Plus que de guerre en Ukraine, de combat contre les prix de l’essence ou de bataille pour le pouvoir d’achat, thèmes plus susceptibles de ramener aux urnes les électeurs qui les ont massivement désertées. Une abstention record qui, en plus de la sérieuse crise démocratique qu’elle indique, n’a pas vraiment profité aux candidats macronistes. Mais le stratège élyséen préfère miser d’abord sur le régalien avant de revenir, à la fin de cette semaine, au terre-à-terre sur le terrain.

Le temps est court. Le chef de guerre ne dispose que de quelques jours, et, après avoir été à l’est, il va devoir aller « au charbon ». Ayant déjà perdu d’anciens ministres, comme Blanquer, tombé à la bataille de Montargis, il lui faut sauver quelques-uns des actuels, comme la soldate Montchalin, mal en point dans l’Essonne, ou le soldat Beaune, menacé à Paris. Et, avant, pour rester dans le contexte militaire, de célébrer, samedi, de Gaulle et l’appel du 18-Juin au mont Va­lérien, le stratège élyséen devra surtout, bien sûr, essayer de sauver sa majorité absolue et, par là, son second quin­quennat. Ce qui peut ainsi se résumer : reprendre la main dimanche en empêchant la Nupes de Mélenchon de trop « déferler » et en reprendre pour cinq années, qui, de toute façon, s’annoncent déjà agitées.


Edito du 15/06/2022 du Canard Enchainé signé Erik Emptaz


3 réflexions sur “Dans le cadre…

  1. marie 17/06/2022 / 08:00

    Bonjour Michel, je suis entièrement d’accord , j’aime bien m’informer avec tout ce que je peux trouver journal, radio, télé. Et après je me forge mon opinion Bonne journée amitiés MTH

    • Libres jugements 17/06/2022 / 10:25

      Bonjour Marie,
      Oui, il faut s’imprégner de l’ensemble des infos de plusieurs sources… rester sur une seule version, c’est se faire guider dans ses gestes, réflexions, comportements, portant à l’individualisme en reléguant toutes contributions à la mutualisation sociale de la société.
      Bonne journée, Chaude je pense, hier en 07, le thermomètre notait 41° sous abri
      Amitiés
      michel

  2. jjbadeigtsorangefr 17/06/2022 / 09:30

    Dehors les imposteurs, les pilleurs de travailleurs qu’ils veulent user jusqu’à la corde en imposant une retraite à 65 ans. Leurs arguties électorales ne vont pas loin sinon de rejeter catégoriquement tout ce qui risque d’appauvrir les milliardaires et de rendre plus facile celle des producteurs de richesses.

Laisser un commentaire