Mêler poireaux et pâté en croute…

Non, les chiffres du 1ᵉʳ tour donné par le ministère de l’Intérieur ne sont pas les bons : rien d’étonnant de la part de ces gugusses, une tentative d’influence, un téléguidage gouvernemental, une magouille de plus…

Théoriquement, c’est le ministère de l’Intérieur qui fournit les chiffres officiels des élections. Et Beauvau annonce qu’Ensemble !, avec 25,75 % des suffrages, devance de peu la Nupes et ses 25,66 %. Ce que contestent fermement les principaux responsables de la gauche unie. Oui mais fondé sur quoi, qui a raison, qui a tord ?

Selon Manuel Bompard, « la Nupes totalise 6 101 968 voix, soit 26,8 % ».

Pourquoi une telle différence ?

Tout simplement parce que l’étiquetage des candidats n’est pas le même. D’après le ministère de l’Intérieur, la direction de campagne de la Nupes lui a adressé un mail listant « l’ensemble des candidats à qui il conviendrait d’attribuer la nuance ». Mais il déclare ne pas s’en tenir à cette liste puisqu’il recense aussi « trois candidats initialement investis par la Nupes mais qui avaient déclaré vouloir renoncer à cette investiture » : Hervé Saulignac (Ardèche), qui l’a pourtant acceptée, Dominique Potier (Meurthe-et-Moselle) et Joël Aviragnet (Haute-Garonne). Ils ont donc été comptabilisés en tant que divers gauche. Beauvau indique avoir fait la même chose avec la coalition présidentielle, comme avec le ministre des Solidarités, Damien Abad, compté en tant que divers droite.

La Nupes voudrait, elle, comptabiliser les trois candidatures susmentionnées, ainsi que celles en Corse ou dans les outre-mer, comme Karine Lebon et Jean-Hugues Ratenon, respectivement membres des groupes GDR et FI lors de la précédente législature. Mais ces dernières n’entrent pourtant pas dans l’accord national conclu entre la FI, le PCF, le PS et le Pôle écologiste, et ont été soutenues a posteriori.

Réintégrer les scores des socialistes

« Nous appelons les médias à mettre en place leur propre comptabilité », invite la FI, dans un communiqué. C’est ce que l’Humanité a décidé de faire en choisissant de s’en tenir aux investitures officielles de la Nupes, dans un document accessible sur son site Internet, comme d’Ensemble !. Ainsi, contrairement à celui du ministère, ce calcul réintègre donc les résultats des socialistes exclus par le ministère pour la gauche ainsi que de Marie-Luce Penchard, de Dominica Michel et d’Éric Leung pour le camp Macron, mais pas Damien Abad. En revanche, contrairement à la FI, il ne prend pas en compte les scores des candidats d’outre-mer et de Corse.

In fine, la Nupes récolte donc 25,85 % des suffrages, contre 25,78 % pour Ensemble !, soit 16 172 voix d’écart. La gauche est donc, après le premier tour, bel et bien la première force politique du pays.


Emilio Meslet. L’Humanité, Mardi 14 Juin 2022. Source (extraits)


À vrai dire, qu’il y ait une courte avance ou pas de la part de l’un ou l’autre, résultants des votes, n’est pas réellement l’essentiel… ce qu’il l’est, c’est ce nombre inquiétant d’abstentionnistes, et ce, même s’il sera certainement moindre pour le second tour. Inquiétant le désintérêt envers l’avenir commun et sociale de la nation surtout celle à venir… MC


Une réflexion sur “Mêler poireaux et pâté en croute…

  1. jjbadeigtsorangefr 16/06/2022 / 15:20

    Ce n’est pas l’honnêteté qui encombre le ministère de l’Intérieur
    Au-delà des chiffres, on apprécie la claque mise sur le nez de Macron et l’espoir peut se concrétiser dimanche.
    Tous aux urnes.

Laisser un commentaire