Pénurie de personnel, saisonniers entre autres…

Une des causes, la réforme de l’assurance-chômage qui accroît les problèmes.

[…] Cette réforme portée de l’Assurance Chômage, par Élisabeth Borne; le gouvernement Macron et validé par la majorité-paillasson LR-EM et Cie à l’Assemblée Nationale, allait tout régler, affirmait-elle dans les médias : le chômage, la précarité et le manque de main-d’œuvre.

Moins d’un an plus tard, ce n’est pas franchement l’euphorie, côté recrutements. C’est même tout le contraire.

Si dans les plus visibles sont cités les saisonniers par les médias, n’oublions pas : les intermittents du spectacles notamment en ces périodes de festivals, comme les auto-entrepreneurs occasionnels, les intérimaires servant de palliatif en période estivale dans les grandes surfaces, etc.

À la veille d’une saison estivale présentée comme « historique » en termes de fréquentation, […] partout en France, les employeurs se désolent de ne pas trouver de personnel. Entre 200 000 et 300 000 emplois seraient non pourvus. […]

Ce qui devait être la solution miracle, la réforme de l’assurance-chômage, fait finalement partie du problème. « C’est même l’une des raisons principales de la pénurie ! », fulmine Alex Nicola, président de la Fédération française des employeurs du tourisme et des vacances (FFTV), une organisation patronale représentant des structures de l’économie sociale et solidaire. Pourtant, entrepreneurs et les syndicats avaient alertés sans qu’aucune écoute-réaction soit retenue.

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Juste avant l’entrée en vigueur de la réforme, l’Unédic avait évalué que ce volet de la réforme toucherait plus d’un million de personnes la première année, avec une baisse moyenne de leurs allocations de 17 %. Et jusqu’à 40 % de moins pour plusieurs centaines de milliers de personnes.

Découragé par la sévérité des nouvelles règles

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Alex Nicola, de la FFTV, […] insiste : « Par sa nature même, l’activité saisonnière ne couvre pas l’ensemble des jours du calendrier. » Il réclame la création d’un « statut particulier » pour les saisonniers, à l’image des intermittents du spectacle. « Les allocations-chômage sont indispensables entre deux emplois. Il va falloir le comprendre, si on veut que la France reste la première destination touristique mondiale ! » […]

Depuis 2019, l’argumentaire de l’exécutif sur la réforme s’accommode d’approximations et de déclarations fantaisistes. Emmanuel Macron, lui, a âprement défendu sa réforme en citant, justement, l’exemple du personnel saisonnier, pris dans un système « hypocrite », selon lui.

« Nous nous sommes habitués à un système qui n’était plus juste, où il suffisait d’aller travailler quatre mois dans les stations de sports d’hiver pour avoir le chômage tout le reste de l’année », avait déclaré, début décembre 2021, le président sur France Bleu.

Une affirmation un brin spectaculaire… et totalement erronée. Sous l’ancienne convention d’assurance-chômage, travailler quatre mois n’a jamais permis d’ouvrir huit mois de droits au chômage. Un jour travaillé équivalait à un jour indemnisé. Pas un de plus et certainement pas le double. […] Le gouvernement et le président n’ont cessé de clamer que certains chômeurs gagnaient plus grâce à Pôle emploi qu’en travaillant. Une arnaque intellectuelle, démontrée par Médiapart, plusieurs médias et les syndicats, à plusieurs reprises.

Outre les règles d’indemnisation, la réforme durcit les conditions d’accès au chômage. Désormais, il faut avoir travaillé six mois, au lieu de quatre, pour prétendre à une allocation. Là encore, les personnels saisonniers sont percutés de plein fouet. Un contrat saisonnier dure en moyenne deux mois, selon une étude de la Dares, l’institut statistique du ministère du travail, publiée en 2019.

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Bientôt de nouvelles règles, seront-elles encore plus sévères ?

Tous les signaux d’alerte s’allument, les uns après les autres, dans les secteurs du tourisme. Toutes et tous négligés, privés de chômage partiel et de travail, fatigués d’être précaires et mal payés, les professionnels changent de voie, ou menacent de le faire.

La réponse de l’exécutif, qui a bataillé pour imposer sa réforme, [mais] « On va revoir les règles [de l’assurance-chômage] »,a prévenu le patron des députés Modem, Patrick Mignola, sur LCP.  Il s’agirait de diminuer la durée des allocations, pour les personnes en recherche d’emploi dans les secteurs « en tension ». De quoi pousser encore un peu plus les précaires vers des emplois précaires qui, eux-mêmes, les jetteront dans les griffes de la réforme de l’assurance-chômage. Où les convaincra de se reconvertir dans des boulots stables, vidant toujours un peu plus les effectifs des saisonnières et saisonniers.

Tout cela semble à des années-lumière du système vertueux, vanté par Emmanuel Macron selon qui la réforme de l’assurance-chômage était un retour à « des choses de bon sens ».

[…]


Article réalisé d’après celui de Cécile Hautefeuille. Médiapart. Source (extraits)


Une réflexion sur “Pénurie de personnel, saisonniers entre autres…

  1. bernarddominik 13/06/2022 / 08:51

    Les travailleurs saisonniers ne pourront plus compter sur le chômage pour assurer la soudure entre 2 contrats. C’est sur que cela décourage les saisonniers et Borne raisonne en comptable de l’assurance chômage et non pas en comptable de l’état. Mais je présume que ces saisonniers ont trouvé des cdi, c’est sûrement mieux pour eux. Peut-être faudrait il revoir le statut de saisonniers pour leur assurer une meilleure sécurité par exemple en créant des contrats multi entreprises

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