Grave

L’inadaptation des filières et formations aux métiers de l’art…

… comme si la culture et l’art ne servaient à rien ! Comme si l’in-information générale permettait de mieux driver les salariés peu formés-informés. Dites-moi que ce n’est pas un concept sociétal voulue !

Mon père, qui commença son professorat de dessin en 1958 et le poursuivit, vaille que vaille, jusqu’à la fin des années 1990, ne cessa de dénoncer la déliquescence du temps consacré à l’éducation de l’art, orchestrée par les différentes directions du ministère de l’Éducation Nationale. MC


Les formations aux métiers d’art ont-elles perdu leur sens de l’orientation ?

Le syndicat professionnel du secteur accuse le gouvernement d’abandonner ses filières de formation. En cause, la refonte du diplôme qui délaisserait les savoir-faire, et celle de la formation professionnelle, inadaptée. Retour en cinq questions sur ces sujets qui fâchent.

Le gouvernement vante les savoir-faire français, mais les formations aux métiers d’art sont en « déliquescence ». C’est le principal syndicat professionnel du secteur, Ateliers d’art de France, qui l’affirme, rapport et pétition à l’appui.

Ses revendications portent sur deux points principaux : les problèmes entraînés par la récente réforme du diplôme et les difficultés d’accès à la formation continue.

Les métiers d’art perdus dans le design ?

Avant, avec le bac, quand on voulait devenir bronzier d’art, ébéniste ou mosaïste, on passait par une année de mise à niveau suivie par un cursus de deux ans. Et l’on obtenait un DMA, diplôme des métiers d’art.

Depuis 2018, la mise à niveau est intégrée dans un cursus en trois ans débouchant sur un DNMADE, diplôme national des métiers d’art et du design. Valant « grade de licence », il est reconnu au niveau européen et permet la poursuite d’études.

La présidente d’Ateliers d’art de France, Aude Tahon, lui reproche de dissoudre l’artisanat d’art dans le design : « Nous avons affaire à des métiers dont les processus, la réflexion et l’approche de création sont opposés. Pour les métiers d’art, la création s’exerce dans le dialogue avec la matière. Du côté du design, on part d’une idée, d’un concept, et ensuite on le teste sur la matière. »

À l’Éducation nationale, Brigitte Flamand, inspectrice générale en chef, réfute : « Les deux domaines sont complémentaires et doivent le rester sans se diluer. » Elle défend le principe du DNMADE, « qui enrichit les deux profils, aussi bien des designers que des métiers d’art, car certains designers peinaient à appréhender la réalité concrète. A contrario, le DMA manquait d’une méthodologie permettant d’engager des processus de création beaucoup plus ambitieux ».

[…]

Les heures d’atelier sacrifiées ?

La réforme ayant été instaurée à coût égal, Aude Tahon, la présidente d’Ateliers d’art de France, affirme que la formation théorique se fait au détriment des heures d’atelier. Or, insiste-t-elle, le savoir-faire doit rester au cœur de l’enseignement, « à la fois en termes de sécurité, de connaissance des outils, et de faisabilité des idées. Aujourd’hui, les jeunes que nous recevons s’aperçoivent que leur manque de pratique ne leur permet pas de se projeter. On leur vend un rêve, cependant ils n’ont pas appris à le réaliser ».

Du côté des élèves, Chloé Vannier, qui termine sa troisième année à l’école Boulle, à Paris, se réjouit au contraire du temps qu’elle a passé à l’atelier, encadrée par « de très bons profs », alors que d’autres établissements auraient, en effet, perdu ces heures de formation sur l’établi. Elle a aussi apprécié les trois mois de stage en entreprise, point fort du diplôme.

Des jeunes qui décrochent ?

À en croire Ateliers d’art de France, le défaut d’expérience pratique explique pourquoi beaucoup de jeunes abandonneraient en cours de route. […]

Un diplôme pas au point ?

L’Éducation nationale reconnaît que le DNMADE a mis du temps à trouver ses marques. Des grèves ont d’ailleurs éclaté fin 2020 dans plusieurs écoles. Depuis, le cap a été ajusté. […]

« Certains fondamentaux ne sont toujours pas acquis », nuance Chloé Vannier côté élèves, en pointant en particulier le dessin technique. Globalement, elle estime le contenu et la qualité du DNMADE très inégaux d’un établissement à l’autre : « La liberté laissée aux équipes pédagogiques convient à certains étudiants, mais pas à ceux qui auraient souhaité un parcours plus cadré », comme dans les anciens BTS d’arts appliqués.[…]

La formation continue fragilisée ?

Les métiers d’art n’attirent pas que des jeunes, mais également des adultes qui se reconvertissent. Or, depuis la fin 2021, l’application de la loi « avenir professionnel », votée en 2018, fragilise certains centres de formation. […]

Comme le veut la loi, cette instance nouvelle évalue la qualité des cursus en fonction de la rapidité d’embauche à la sortie. Un tel critère n’a pas forcément de sens dans le cas d’adultes en reconversion souhaitant ouvrir un atelier, ce qui prend du temps. De ce fait, « plusieurs centres ont subi des refus de certification. Cela fait disparaître leurs formations du répertoire national, les privant ainsi du financement des régions ». […]


Xavier de Jarcy. Télérama. Source (Extraits)


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