De quoi se « bouffer » les poings !

Contre Kafka bureaucratique, nulle issue envisageable…

Il y a de l’eau dans le gaz entre Pierre et la société Saur.

Chargée depuis peu de la distribution d’eau dans la commune de Saint-Benoît-du-Sault (Indre), cette dernière envoie au retraité des factures en crue.

Le 23 décembre 2021, Pierre reçoit une mise en demeure : il doit payer 89 euros, sans quoi la Saur menace de lui couper l’eau — ce qui est illégal. Une lettre reçue bien tard, puisque la compagnie s’est trompée d’adresse… La première facture, elle, erre encore.

Le 8 mars 2022, Pierre trouve une seconde lettre dans sa boîte lui enjoignant de s’acquitter de la modique somme de 3 044 euros. La menace de la coupure est réitérée.

Dix jours plus tard, une nouvelle facture de 50 euros apparaît, pour une consommation de… 0 mètre cube ! Trois jours plus tard, la société réclame 2 889 euros à Pierre, toujours pour 0 mètre cube. Ça fait cher le rien !

En fait, le compteur du retraité est en carafe depuis plusieurs années, ce que les agents de la Saur constatent sur place.

Avant l’arrivée du marchand d’eau privée, la municipalité facturait environ 400 euros par an à Pierre, qui était la plupart du temps fourré à Paris. Loin des 3 000 euros réclamés, dignes d’un proprio de piscine olympique !

En mars et en avril, Pierre multiplie les recommandés avec accusé de réception, ne recevant en retour que de nouvelles factures, toujours plus fantaisistes.

Fin avril, lorsque « Le Canard » contacte la Saur, la note redescend à une cinquantaine d’euros.

L’entreprise, en prime, promet de remplacer le compteur défectueux « très prochainement ».


Article signé des initiales F. R.-G. Le Canard Enchainé. 01/06/2022