Le recrutement hospitalier…

… malaise généralisé… mais il ne tiré pas sur le personnel, les divers gouvernements sont responsables en tout premier d’avoir organisé le dépérissement de l’enseignement en médecine (Cursus diaboliques et restreignant), des locaux, des recrutements, en organisant via les ARS la rentabilité des opérations chirurgicales, des soins, des lits des spécialisations, etc. Nous avons un petit fils (22 ans) souhaitant une formation d’infirmier en région parisienne ne trouve pas de place… MC

Face au raz de marée des fermetures de services dues au manque de personnel, les hostos sont prêts, plus que jamais, à payer les médecins intérimaires à prix d’or pour passer l’été : jusqu’à 3 000 euros la garde !

Témoin cette petite annonce balancée par mail le 30 mai par une société d’intérim à ses recrues potentielles : « Nous recherchons pour l’hôpital de Cahors un/des médecins anesthésistes » payés « 1 500 euros net la garde semaine (18 heures-8 heures) » et « 3 000 euros net la garde de 24 heures samedi ou dimanche ».

Ce modeste pactole vaut pour 12 dates proposées au mois de juillet, 11 au mois d’août et 24 en septembre. C’est dire l’ampleur des trous à boucher…

Le 11 mai, c’était une autre boîte d’intérim qui, dans l’urgence, déroulait le tapis rouge devant l’hôpital de Verdun : une garde de 24 heures, le vendredi 13 mai, y était proposée « au tarif net de 2 600 euros ».

Urgentiste à bloc

On est loin du montant légal (1 170 euros net la garde) fixé par un décret de 2017. Une vaste blague : ce tarif réglementé n’a, en réalité, jamais été respecté. En octobre dernier, la loi Rist devait siffler la fin de la récré et interdire aux « comptables publics » de payer tout remplaçant au-delà des 1 170 euros. Mais, devant la levée de boucliers des élus locaux et directeurs d’hosto, paniqués à l’idée de perdre les précieux intérimaires, le gouvernement a reculé.

Depuis, le cercle vicieux l’est devenu plus encore. « Un tas de médecins, éreintés, sont partis ces derniers mois pour faire de l’intérim, où ils gagnent en quatre ou cinq jours (voire en deux nuits, le week-end !) autant qu’en un mois », constate le Dr Yves Rébufat, de l’intersyndicale de toubibs Avenir hospitalier. Et les hostos ont achevé de se déplumer : au 30 mai, faute de personnel, 150 services d’urgences étaient à l’arrêt, total ou partiel. Des maternités, comme celle de Chinon, se retrouvent, elles aussi, porte close, et même des hostos gériatriques, telle La Collégiale, à Paris.

Après des semaines de silence sidéral (en pleine crise), Macron s’est enfin fendu d’une visite à l’hôpital de Cherbourg, mardi 31 mai, pour commencer à balancer sa potion d’un « plan de recrutement et de fidélisation ». « Avec le Ségur, il y a deux ans, on disait qu’il fallait revaloriser les gardes (pour retenir les médecins), qui sont payées 268 euros brut la nuit, contre 100 euros net de l’heure pour un généraliste qui fait un remplacement au Samu, mais on n’a pas été écoutés », peste un urgentiste.

Une fois les soignants partis, dur de les faire revenir…

Du 17 janvier au 28 février, l’agence régionale de santé d’Ile-de-France proposait une prime de 4 000 euros pour un CDD d’infirmier de six mois, et même de 7 000 euros pour un CDD de neuf mois.

Résultat ? Seuls 63 volontaires ont signé un contrat !

Un bide qui a laissé pantoises les huiles de l’ARS…


Isabelle Barré. Le Canard enchaîné. 01/06/2022


2 réflexions sur “Le recrutement hospitalier…

  1. bernarddominik 05/06/2022 / 08:19

    On oublie de dire que l’obligation vaccinale à chassé 8% du personnel soignant. Mais effectivement l’ordre des médecins en imposant des quotas et en refusant toute contrainte est le premier responsable de la pénurie, un mauvais pari dont le but était de garantir de gros revenus en raréfiant l’offre de soins.

    • jjbadeigtsorangefr 06/06/2022 / 23:06

      En refusant la sectorisation des médecins le désOrdre des médecin en rajoute une couche pour la génération de déserts médicaux.

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