Elu-e-s, mais aussi pompier et pyromane

Horreur et damnation ! ils ont tout faux, fallait y penser avant…

L’hôpital s’écroule, et ce scoop était passé totalement inaperçu. Heureusement, les candidats aux législatives sont là pour révéler ce scandale aux électeurs.

A commencer par Richard Ferrand, le rebelle du perchoir. Candidat à sa réélection dans la circonscription de Carhaix (Finistère), le président de l’Assemblée a découvert « avec colère et indignation » que le service de soins continus de l’hôpital de Carhaix… allait fermer cet été, faute de soignants. Comme un tas d’autres services partout en France. Ah non, alors !

Pas touche à l’hosto de ma circo ! du moins, pas pendant les élections…

Après un communiqué et un coup de fil à Véran, le service a obtenu un fragile sursis.

Avant lui, la députée LR-EM Stéphanie Rist, candidate à sa succession dans le Loiret, avait déjà dénoncé une situation « gravissime » à l’hôpital d’Orléans, avec 130 lits fermés faute d’infirmiers. « Je tape du poing sur la table ! Il faut trouver des solutions, et vite ! » intimait la Marcheuse. Avec ou sans bourre-pif à son patron Macron ? Le syndicat infirmier SNPI s’en était quelque peu étranglé sur Twitter : « Pompier pyromane, [cette députée] a voté tous les plans d’économies » du gouvernement via les lois de financement de la Sécurité sociale. Une nouvelle loi, « et vite » !

Fermé cet été

A Poitiers, Sacha Houlié, le candidat Renaissance n’a pas encore « tapé du poing sur la table », mais ça ne saurait tarder. Le 10 mai, la directrice générale du CHU s’est fendue d’un courrier aux toubibs pour annoncer la couleur — noire de cet été : faute de personnel, « nous nous apprêtons à fermer deux fois plus de lits qu’en 2021 », dont « 16 lits de soins critiques ».

Quant aux urgences du CHU, elles ont déjà fermé à huit reprises, pendant vingt-quatre heures chaque fois ! Du « délire » ont dénoncé les soignants lors d’une manif, le 12 mai 2022, en présence du candidat local de La France insoumise, qui en a fait, lui aussi, un thème de campagne : « Avec des bulletins de vote Nupes, vous pouvez rebâtir (l’hôpital public). » Y a du boulot !

Les fermetures de services d’urgence s’enchaînent également à Bordeaux, Amboise (Indre-et-Loire) ou Sainte-Foy-la Grande (Gironde), offrant un boulevard au Rassemblement national, qui, partout, recycle la même affiche de campagne : « Les 12 et 19 juin, [dites] non aux fermetures de lits d’hôpital ».

En même temps, aucun candidat kamikaze n’appelle spécialement à dire oui…


Isabelle Barré. Le Canard Enchainé. 18/05/2022


Laisser un commentaire