Courir la prétentaine

Expression

« courir la prétentaine (ou prétantaine) a un sens anecdotique. Le mot signifiait seulement au XVIIᵉ siècle « aller deçà et delà », aller et venir sans sujet particulier.

C’est ainsi que l’emploie Scarron, s’adressant à ses propres vers qu’il appelait des « vermisseaux » :

Petits enfants ecervelez
Scavez vous bien où vous allez ?
Vostre entreprise est bien hautaine,
D’aller courir la prétentaine.
A peine estes vous avortez
Et desja dehors vous sortez,
Et desja vous courez les rues.

Ce n’est qu’au XVIIIᵉ siècle que le Dictionnaire de Trévoux relève une possible intention galante : « On dit qu’une femme court la prétantaine; pour dire qu’elle fait des promenades, des voyages contre la bienséance, ou dans un esprit de libertinage. »

Selon Bloch & Wartburg le mot est à rapprocher du normand pertintaille, ou prétintaille, « collier de cheval garni de grelots ». La terminaison serait venue par évo­cation des refrains de chansons du type « tonton-tontaine », etc. C’est vrai que flâner « deçà et delà » donne souvent du coeur à la chansonnette…


Claude Duneton. La puce a l’oreille.


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