URGENCES aux urgences.

Malgré la baisse continue des cas graves de Covid, l’embolie menace les urgences hospitalières en Ile-de-France.

Convoquée par le professeur Pierre Carli, patron du Samu de Paris, une réunion de crise sur le manque de personnel médical s’est tenue le 9 mai. Diagnostic unanime des médecins présents : « On a un effet de tension généralisé, on est dans la merde jusqu’au cou. » Les patients sont priés de ne plus tomber malades…

Ainsi, à Aulnay, à l’hôpital Robert-Ballanger (l’un des plus importants de Seine-Saint-Denis), les urgences sont désertées par les soignants, qui manifestent leur mécontentement avec « la technique des arrêts maladie ». Un médecin du cru alerte : « La situation est extrêmement instable dans tout le département. C’est un château de cartes qui s’effondre… »

La faute aux brancards

Dans un autre hôpital du « 9-3 », un soir, seules 2 infirmières sur 10 étaient présentes. Ni l’une ni l’autre n’avaient de compétences en, déchocage, une technique utilisée pour les urgences vitales. Résultat ? Le service public a dû déclarer forfait et appeler les cliniques privées du groupe Ramsay à la rescousse.

Même constat dans les Hauts-de-Seine, où « l’été s’annonce très compliqué », surtout à l’hôpital Foch, à Suresnes : aux urgences, il ne reste plus que 4 toubibs sur 18. A Versailles, c’est pire : récemment, 61 patients ont dû poireauter sur des brancards, pendant parfois plus de vingt-quatre heures. Face à l’insistance des soignants pour obtenir des « lits », autrement dit du personnel pour soigner, la direction a déclaré, sans rire : «Les lits ne soignent pas les malades. » « Les brancards non plus ! » ont répondu du tac au tac les infirmières, qui se sont mises en grève. Ah, ça ira, ça ira…

Pour boucher les trous, les hôpitaux en sont d’ailleurs réduits à déshabiller Pierre pour tenter de rhabiller les services les plus vitaux. Histoire de récupérer quelques postes d’infirmière et d’aide-soignante, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris vient carrément de fermer La Collégiale, un établissement parisien réservé à l’hospitalisation de personnes âgées en long séjour (« Le Parisien », 10/5).

Merci d’aller mourir ailleurs…


Article signé des initiales L. C. Le Canard Enchaîné. 11/05/2022


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