Plus ça va mal, mieux ça va aller…

… ou l’art de se ficher du monde !

Elle n’est pas sortie de l’auberge, la toute flambante et neuve « nation écologique » qu’a promis d’inventer Macron.

Mardi 3 mai 2022, à la grande satisfaction du lobby de la pêche industrielle, les députés européens ont autorisé la pêche au chalut dans les « aires marines protégées ». Et ce à l’initiative d’un eurodéputé macroniste, Pierre Karleskind, lequel préside la commission de la Pêche au Parlement européen.

Une eurodéputée Verte belge ayant proposé d’y interdire cette pêche très destructrice, il s’est empressé de la contrer. Son amendement, qui se veut « pragmatique »(« Le Monde », 5/5) et permet de la maintenir telle quelle, l’a emporté. Rappelons que seules les « aires strictement protégées » le sont réellement.

Dans les autres, on peut continuer de pratiquer le tourisme, les transports, les activités nautiques. Et le chalutage de fond. « Un désastre pour le climat et la biodiversité », a tweeté Claire Nouvian, de l’ONG Bloom. « Votre « nation écologique » est une imposture ». Tout de suite les grands mots !

Deux jours plus tard, jeudi 5, l’Autorité environnementale rend public son rapport annuel. Les 149 avis qu’elle a rendus tout au long de l’année passée sur les projets autoroutiers, aéroportuaires, nucléaires ou d’aménagement pour lesquels elle a été consultée sont tous fondés sur le même vieux modèle, « avec les mêmes programmes, les mêmes financements » : rares sont ceux qui tiennent compte de la biodiversité et du climat.

Bilan : « la transition écologique n’est pas amorcée en France ». Tout de suite les jugements lapidaires !

Le même jour, deux instituts de recherche, l’Inrae et l’Ifremer, publient l’expertise qui leur a été commandée par le gouvernement sur l’impact des pesticides.

Bilan : une catastrophe. On en trouve partout, jusqu’à 3 000 mètres de profondeur, dans les océans, jusqu’aux pôles et, même si les produits chimiques les plus dangereux ont été bannis en Europe, les effets des plus de 50 000 tonnes balancées chaque année en France restent massifs (la pollution est la troisième cause de l’effondrement du vivant) et sous-estimés (on néglige l’impact de l’effet cocktail).

Ces pesticides entraînent « une fragilisation de la biodiversité et des services qu’elle rend ». Tout de suite de agribashing !

Ce même maudit jour, le WWF indique que ce 5 mai 2022 est le « jour du dépassement ». La France consomme, pollue, bétonne désormais au-dessus de ses moyens, elle prélève plus de ressources que la nature ne lui en fournit.

Heureusement que « planification écologique » rime avec « baguette magique »


Article signé des initiales J.-L. P. Le Canard enchaîné. 11/05/2022


3 réflexions sur “Plus ça va mal, mieux ça va aller…

  1. bernarddominik 15/05/2022 / 18:08

    On marche sur la tête.
    On est en train de détruire notre seul bien tangible, notre planète, et pourtant nos élus font comme si tout allait bien.

    • jjbadeigtsorangefr 15/05/2022 / 23:47

      Cupidité rime avec imbécillité et la fête continue.
      On détruit à tour de bras, le point de non retour est dépassé et l’on continue.

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