Au magasin des nouveautés

Accrochez-vous à la rambarde, le vent de la nouveauté ne va cesser de nous ébouriffer !

Le «président nouveau » l’a promis-juré au «peuple nouveau » lors de la cérémonie de sa réinvestiture pour un « mandat nouveau » : tout va être « différent d’il y a cinq ans ».

Et, pour y arriver, il va falloir « inventer une méthode nouvelle, loin des rites et chorégraphies usés ». Mais, pendant les travaux d’invention, les vieux rites sont encore d’usage.

A commencer par celui qui consiste, pour un président en début de mandat, fût-ce en se succédant à lui-même, à parler de changement et de nouveauté plutôt que de continuité.

Macron le nouveau a ainsi martelé qu’il n’entendait pas enchaîner ce quinquennat dans la continuité de celui de Macron l’ancien. Et, en attendant l’annonce sans tarder de la perle rare dont il affirme « avoir le nom », pour assurer au quotidien la nouveauté à Matignon, son pas encore ancien Premier ministre reste en fonction. Et le Président supervise le renouveau et la mobilisation de ses troupes.

Elles ne sont plus « En marche ! » mais en « Renaissance », et aussi « Ensemble »… On n’arrête pas la nouveauté, mais, avant de la mettre en musique, il s’agit aussi de veiller à remporter les législatives en misant si nécessaire sur les méthodes et sur les « rites usés » ou sur les gens de l’« ancien temps », pardon, les « gens qui ont compté dans l’histoire du premier quinquennat ».

Contrairement à 2017, un peu d’expérience est requise chez les candidats.

Et, avant juin, avec la Première ou le Premier ministre « attaché(e) à la question sociale, environnementale et productive » et « directement chargé(e) de la planification écologique », il va s’agir, évidemment, de trouver un nouveau gouvernement pour appliquer, sans brusquer « ce vieux peuple enraciné », la fameuse « méthode nouvelle » censée mettre en route la « renaissance démocratique ».

La renaissance est partout !

Quant à la méthode, Hollande s’est déjà gaussé qu’elle reste « encore à définir ». Il faudra voir, mais, dans l’immédiat, Macron II a seulement indiqué qu’« agir » ne signifierait pas « enchaîner les réformes » mais « ne saurait signifier accepter de ne plus rien faire ». Un « en même temps » qui rappelle le quinquennat précédent. Mais la méthode ne devra en tout cas pas tarder, car d’autres nouveautés se bousculent déjà au portillon.

De la guerre de Poutine en Ukraine aux répercussions qu’elle entraîne sur l’économie, ces nouveautés font partie de la « conjonction des défis ». Celui de l’inflation, qui s’annonce à 5,4 % dès le mois prochain, en pleines législatives, où la question du pouvoir d’achat sera bien sûr cruciale, n’est pas le moindre.

Ce sera le moment ou jamais pour le renaissant Macron de montrer que « l’action est jumelle du rassemblement, du respect, de la considération ». Dans la foulée, il s’agira aussi de tenir plus d’une de toutes ces promesses de nouveauté.

En 2017, le nouveau président annonçait déjà un quinquennat novateur. Il promettait une « transformation » radicale et parlait même, après en avoir fait un livre, de « révolution ». On sait ce qu’il en a été. Avec ou sans « crises » ou « gravité des temps» pour les justifier, les promesses non tenues sont rarement une nouveauté.


Édito d’Erik Emptaz. Le Canard enchaîné. 11/05/2022


2 réflexions sur “Au magasin des nouveautés

  1. jjbadeigtsorangefr 15/05/2022 / 00:35

    Avec l’UPES (Union Populaire Écologique et Sociale) dans les pattes il n’aura pas à se poser de questions, la politique menée sera complètement différente de ce qu’elle a été sous Macron 1er, la retraite à 65 ans, l’appauvrissement des masses populaires pour le plus grand profit des riches, la désagrégation des service publiques …………………….ne seront plus au programme.

    • Libres jugements 15/05/2022 / 10:10

      Officiellement  » NUPES  » (Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale).
      Qui a ce jour connait le programme de cet assemblage ?
      Oui, chaque formation composant le  » NUPES  » avait son programme bien spécifique présenté avant le 1ᵉʳ tour… de là à déduire-croire que ces différents programmes sont amalgamés dans un programme unique seyant à Mélenchon… perso, j’attends de voir.
      Reste aussi dans ce mouvement le problèmes des investitures issues de la volonté d’abord de la statue JE, parfois en accord avec les appareils de partis, mais les adhérents comme les votants connaissent les postulants locaux plus que des étiquettes.

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