Union populaire la lutte des places avant le programme

La Nupes (Nouvelle Union populaire écologiste et sociale), le fourre-tout de gauche rassemblé sous l’égide de Jean-Luc Mélenchon, n’a pas encore fini de rédiger son projet commun. Mais l’orga des partis politiques sont d’accord avec mélenchon sur ses belles paroles sans doute ?

Ce devrait être fait vers le 15 mai. L’accord entre LFI, PS, PC et Verts pour la répartition des sièges de député a, lui, bel et bien été signé. Et solennellement entériné, lors d’un grand meeting, le 7 mai.

PS, PC et Verts ont conclu chacun un accord bilatéral avec LFI sur la base d’une quinzaine de « marqueurs programmatiques » qui — heureuse coïncidence — figuraient pour l’essentiel dans les propositions présidentielles du candidat Mélenchon. Ces accords en duo « ne lient que ceux qui les ont signés, et pas les autres partis », a précisé au « Canard » Christophe Clergeau, le chef des négociateurs du PS. Mais, patience, « la plateforme complète qui engagera tout le monde est en discussion », indique Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. A l’arrivée, environ 150 propositions seront « dévoilées dans le texte final », annonce Clémence Guetté, la secrétaire générale de LFI. On est encore loin du compte !

Comme en 1981…

D’ici là, quelques menus détails restent à régler. La retraite à 60 ans « pour une carrière complète », par exemple. Tout le monde est d’accord sur le principe, mais avec quelle durée de cotisation ? Comment seront prises en compte la pénibilité, les carrières longues ? Et qui va payer — de 30 à 90 milliards par an, selon la formule retenue ?

Idem pour le « blocage des prix des produits de première nécessité ». Lesquels ? De quelle manière seront indemnisés les producteurs ?

Le revenu minimum pour les jeunes est également discuté. Que choisir ? Les 1 065 euros de LFI, les 565 euros de RSA du PC ou les 900 euros des Verts ?

L’étatisation d’une part de l’économie pointe aussi son nez, comme au bon vieux temps de 1981. LFI et le PC s’accordent sur la « renationalisation d’EDF, d’Engie, des autoroutes et des aéroports [ainsi que] des banques généralistes ». Sans préciser la nature du financement. Pas grave : « Ces points peuvent encore être remis en question », esquive le négociateur du PS.

Sans parler d’autres objectifs plus difficiles à atteindre, telle l’« éradication de la pauvreté » (accord LFI-PC), voire carrément obscurs, comme la « planification pilotée par de nouveaux indicateurs de progrès humains » (entente LFI-PS) ou la « mise en avant des outre-mer, avant-postes de la bifurcation écologique et solidaire ».

La question européenne va donner lieu à des choix déchirants. L’idée retenue par les quatre signataires est de « mettre fin au cours libéral et productiviste de l’Union européenne ». Pour cela, les Verts sont prêts à « désobéir à certaines règles européennes », tels le plafonnement du déficit à 3 % du PIB et celui de la dette à 60 %, au coeur du fonctionnement de l’euro. Le PS, lui, se contenterait d’y « déroger de manière transitoire ». Mais — cette fois, il y a consensus — « dans le respect de l’état de droit européen ».

Transgresser les règlements dans le respect du droit ? C’est comme si c’était fait…


Hervé Martin. Le Canard enchaîné. 11/05/2022


Une réflexion sur “Union populaire la lutte des places avant le programme

  1. jjbadeigtsorangefr 15/05/2022 / 00:46

    La substitution est une règle de droit européen et chaque pays peut déroger ainsi à ce que les commissaires (non élus) tentent d’imposer et aux directives qui ne sont,elles, pas d’application obligatoire. Quand au financement dont semble s’inquiéter l’auteur de l’article, il n’a, entre autres qu’à se poser la question des 100 milliards mini de fraude fiscale, les profits fabuleux des actionnaires, les salaires mirobolants des patrons du CAC 40 et des rentrées financière générées par l’augmention de la consommation des catégories les plus pauvres. Petite vue sur les retraites car plus de la moitié des travailleurs de soixante ans est au chômage. Oui on préfère payer des chômeurs que des retraités. Calcul imbécile.

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