Ces sénateurs LR…

… voulant rester « indépendant du macronisme »… Na !

C’est rare, par les temps qui courent, chez les Républicains, mais le séminaire des 146 sénateurs membres du groupe ou apparentés, au lendemain de l’élection présidentielle, a donné lieu à une émouvante manifestation d’unité anti-Macron. Réuni le mercredi 27 avril, le groupe LR a affirmé, à une quasi-unanimité, qu’il resterait « indépendant du macronisme ».

Leur président, le très réactionnaire sénateur de la Vendée, Bruno Retailleau, en a fait des tonnes dans une déclaration à la presse (« Bulletin quotidien », 28/4) : « Au cours de notre réunion, beaucoup de sénateurs ont exprimé cette idée que nous sommes attachés à la démocratie. Or, la démocratie, ce n’est pas le suffrage universel (…) ; la démocratie, ce sont des contre-pouvoirs qu’il faut faire vivre, d’où cette indépendance. »

Sénateur des Pyrénées-Atlantiques, Max Brisson a été l’un des rares à gâcher quelque peu l’ambiance en déclarant, comme le rapporte Public Sénat : « Il faut que nous ayons une vraie réflexion. Comment en sommes-nous arrivés là ? Qu’est-ce qu’il se passe entre nous et les Français ? Comment peut-on refonder une grande force politique de droite ?» Avant d’ajouter qu’au lendemain des législatives le Sénat risquait de devenir le « nouveau centre idéologique de la droite ». Un «centre idéologique » qui, lors de la présidentielle, a recueilli pas moins de 4,8 % des voix !

Interrogés par Public Sénat, les principaux sénateurs LR, qui, contrairement à leurs collègues députés, ne risquent pas de licenciement dans l’immédiat, ont assuré qu’il n’y avait eu aucune prise de parole pour défendre un rapprochement avec La République en marche. La conclusion de ce séminaire, qui a duré quatre heures, est évidemment revenue au président du Sénat, Gérard Larcher, qui a « listé » les grands débats à venir : « retraites, débat sur la fin de vie et réforme constitutionnelle ». Un sujet sur lequel il se montrera «particulièrement attentif». Voilà Macron prévenu, si besoin était…

Ultime précision : cette réunion n’a pas eu lieu au Palais du Luxembourg, où siège la Haute Assemblée, mais sur une péniche amarrée dans le XVe arrondissement de Paris, sans port obligatoire de gilet de sauvetage.

Article non signé lu dans le Canard enchaîné du 04/05/2022