Une vieille connaissance

au passé encombré !

L’amour, ah ! oui, l’amour !

Lors d’une des fameuses « manifs pour tous » organisées par les anti-mariage homosexuel, je croise une certaine Frigide Barjot, la porte-parole la plus fantasque de ce mouvement.

De son vrai nom Virginie Tellenne, elle tente alors d’exister médiatiquement au milieu de catholiques traditionalistes et de familles à serre-tête, polo Lacoste et pull noué autour du cou.

Tâche délicate pour elle qui s’est fait connaître dans les années 1970 comme l’interprète de la chanson « Fais-moi l’amour avec deux doigts, avec trois ça ne rentre pas ».

Je lui tends mon micro et lui demande si sa carrière d’artiste ne lui manque pas, et si les gens avec qui elle manifeste aujourd’hui acceptent volontiers sa présence. Loin de se sentir gênée, et visiblement heureuse que quelqu’un s’intéresse à elle, elle se met à fredonner son tube d’antan sous le regard médusé des soutanes à pancartes « Jésus sauve-nous ».

Difficile pour moi de contenir un sourire radieux en pensant à la séquence surréaliste que cela donnera à l’antenne.

Son numéro terminé, je la laisse repartir en tête de cortège.

Je regarde mon enregistreur.

J’avais oublié d’appuyer sur le bouton.



Guillaume Meurice, reporter à France Inter. « Les vrais gens » Ed. Jean-Claude Lattès


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