Georgelin, Notre-Dame et les archéologues

Des vestiges romains ont été détectés à Notre-Dame.

Le général ne veut pas en entendre parler.

Après plusieurs mois de guérilla acharnée sous les échafaudages de Notre-Dame de Paris, le général Georgelin a fini par repousser le bataillon d’archéologues qui avait entrepris de fouiller un secteur stratégique de la cathédrale (pour être précis : à la croisée du transept). La présence de ces entêtés risquait de retarder de quelques semaines

la fin du chantier et de mettre en péril la promesse faite à Emmanuel Macron par le général commandant en chef des travaux de restauration : la réouverture de l’édifice au public et aux fidèles sera effective, coûte que coûte, avant la fin de 2024 (« Le Canard », 6/4).

Mais le militaire n’en a peut-être pas fini avec les empêcheurs d’inaugurer en rond. Après avoir exhumé de très importants (et magnifiques) vestiges du jubé sculpté (clôture qui séparait la nef du choeur) daté du XIIIe siècle, les archéologues préparent une contre-offensive.

En effet, leurs fouilles ont permis de mettre aussi en évidence de nombreuses traces de l’époque romaine qui ont mis l’eau à la bouche aux chercheurs. Plus exactement, ils ont exploré des volumes de terre déplacés au XIXe siècle pour que l’architecte Eugène Viollet-le-Duc puisse installer des canalisations de chauffage dans la cathédrale. Surprise : ces déblais recelaient des fragments de céramique et des plaques de marbre antiques de belles dimensions. Ces trouvailles laissent à penser aux experts qu’il leur suffirait de creuser plus profondément pour trouver les vestiges des bâtiments édifiés par les Romains plus de mille ans avant la construction de Notre-Dame.

Une occasion unique va bientôt se présenter pour tirer cette affaire au clair. A la fin de 2023 — si Georgelin tient ses délais —, la reconstruction de la flèche de la cathédrale sera achevée, et les échafaudages seront démontés. Rien n’empêcherait alors les archéologues de se remettre au turbin pour quelques mois, d’extraire les blocs du jubé qui se trouvent encore ensevelis et de partir à la découverte des restes antiques. Rien, sauf un général entêté qui refuse mordicus tout événement susceptible de troubler son plan de bataille…


Article signé des initiales H. L. Le Canard Enchainé. 27/04/2022


2 réflexions sur “Georgelin, Notre-Dame et les archéologues

  1. christinenovalarue 30/04/2022 / 13:11

    Je me demandais justement pourquoi la nomination du général Georgelin pour superviser les travaux de Notre-Dame… Voilà une partie de la réponse, c’est un pote à Macron, avec probablement renvoi d’ascenseur…

  2. jjbadeigtsorangefr 30/04/2022 / 23:22

    Seule la victoire compte…

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