Cocorico-2

La plus grande usine à frites du monde est en France.

Cette friterie XXL, qui débite nuit et jour 25 tonnes de bâtonnets surgelés par heure, approvisionne tous les fast-foods d’Europe. Ce site stratégique, implanté à Matougues, un petit village de la Marne, a même reçu, l’été dernier, la visite de la ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher.

L’occasion de rappeler que l’essentiel des frites que nous consommons proviennent de chez McCain, le géant canadien de l’agroalimentaire, qui possède les trois usines de production que compte la France. Le reste étant réimporté de Belgique après avoir été fabriqué avec nos propres pommes de terre (« Conflit », 27/5/20). Mais voilà qu’une enquête de « 60 Millions de consommateurs » risque de refroidir notre appétit immodéré pour les frites. En épluchant les recettes de neuf marques de frites surgelées, la revue a découvert, en plus des pommes de terre en lamelles et de l’huile de friture, une série d’ingrédients inattendus. Parmi les marques de distributeur, le pompon revient à Auchan, qui aligne jusqu’à 14 ingrédients, suivi par Casino et Leclerc (12) puis Intermarché (8).

Quant à McCain, qui proclame sur son site qu’une frite « c’est 96 % de pomme de terre et 4 % d’huile », on trouve tout de même dans ses sachets jusqu’à 13 ingrédients. Non seulement les industriels ajoutent à leur produit, histoire de le lester de la farine de riz, de blé ou de la fibre de pois, mais ils mettent le paquet sur le sel et sur l’huile. Tout particulièrement le leader, McCain, dont les frites sont jusqu’à deux fois plus salées et six fois plus grasses que celles de ses concurrents. Pour pousser toujours plus loin la durée de conservation de leurs bâtonnets de pommes de terre, qui flirte déjà avec les deux ans, les industriels les saupoudrent de dextrose, un sucre extrait de l’amidon de maïs, pourtant décrié par les nutritionnistes.

Autre additif qu’on retrouve dans plus de la moitié des références passées au crible, les diphosphates, de leur petit nom E 450 », qui empêchent notamment les frites de brunir. Embêtant quand on sait que cet additif est dans le collimateur de l’Autorité européenne de sécurité des aliments. En 2019, la dose journalière admissible a d’ailleurs été revue à la baisse en raison du risque cardiovasculaire. L’E 450 est, en prime, soupçonné de favoriser l’hyperactivité des enfants. McCain pourra dire que les frites ça donne la patate…


Article non signé lu dans le Canard enchaîné du 27/04/2022


Une réflexion sur “Cocorico-2

  1. jjbadeigtsorangefr 30/04/2022 / 10:03

    QU’IMPORTENT LES INGRÉDIENTS POUR PEU QU’ON AIT LE FRIC…….

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