Ne pas se tromper…

Oui, Macron a gagné mais… Attention…

Ce que Macron a surtout réussie, c’est de diviser le peuple français.

  • Les Abstentionniste (à ne surtout pas oublier),
  • Les gauches (plus ou moins mélenchonisme),
  • Les centres droits et les droites éparpillées,
  • Les Macronistes y compris les compatibles LR ou PS,
  • Les extrêmes (Le Pen, Zemmour/Marion Maréchal, Dupont-Aignan, Ciotti…)

L’extrême droite écartée, mais plus forte que jamais

Avec 42 % des voix au 2ᵉ tour, la candidate du RN porte le score du camp nationaliste à un niveau jamais vu sous la Vᵉ République. Le danger immédiat est écarté, mais une recomposition s’annonce. […].

[…].

Entreprise de banalisation

Ce score de 42 %, selon les premières estimations, témoigne à la fois de l’emprise de Marine Le Pen et de son parti, le Rassemblement national, sur l’extrême droite, mais également une partie de la droite : selon Ipsos, près de 78 % des électeurs d’Éric Zemmour avaient exprimé l’intention de voter pour elle, de même que 65 % de ceux de Nicolas Dupont-Aignan, mais également 22 % de ceux de Valérie Pécresse et 21 % de ceux de Jean-Luc Mélenchon. Des chiffres qui traduisent à quel point l’extrême droite a réussi son entreprise de banalisation, bien aidée en cela par plusieurs médias complaisants, mais également par Emmanuel Macron lui-même, entre ses contacts avec Éric Zemmour, son entretien dans Valeurs actuelles, et surtout les lois répressives et stigmatisantes adoptées sous son quinquennat. Sans oublier son ministre Gérald Darmanin, qui a même osé trouver Marine Le Pen « trop molle », contribuant à brouiller encore davantage tout repère.

Au final, la force du rejet d’Emmanuel Macron explique, pour une partie non négligeable, le score de sa concurrente. À cet égard, les résultats en outre-mer sont particulièrement significatifs : Marine Le Pen y a battu des records, notamment dans les territoires de l’arc caribéen, avec par exemple 69,60 % en Guadeloupe. Atteignant des pointes de 75 % dans certains bureaux de vote des Abymes, la ville la plus peuplée de l’archipel. […].

Cette campagne restera, malgré cette nouvelle défaite de la candidate du Rassemblement national, « comme celle qui a étendu comme jamais la sphère d’influence de l’extrême droite. Idéologiquement, en imposant nombre de ses thèmes, de ses expressions, de ses arguments. Électoralement, en portant les scores de ses candidats à des niveaux inédits », écrivent Gilles Finchelstein et Raphaël Llorca dans le récent dossier de la Fondation Jean-Jaurès consacré à la cheffe du RN.

L’émergence d’Éric Zemmour marque le retour au grand jour d’une extrême droite ouvertement raciste, prônant la « remigration » face au « grand remplacement » ou la réhabilitation du régime de Vichy. Des thèmes qui se sont imposés dans le débat public et ont, paradoxalement, permis à la leader du Rassemblement national de présenter une image « modérée » et adoucie, laquelle a grandement contribué à sa progression. […].

Pour celle qui n’est plus présidente du RN depuis juillet 2021 pour mieux se présenter « en femme libre et non partisane », cette nouvelle défaite est à double tranchant. Elle signe sans doute la fin de ses ambitions présidentielles, elle qui déclarait que cette campagne serait « a priori » sa dernière. Mais ce score lui apporte dans son camp une légitimité que lui disputait notamment Éric Zemmour.

Une « PME » familiale

D’ores et déjà, il ne s’agit pas de la fin de sa carrière politique : « Quoi qu’il advienne, je ne sais pas encore sous quelle forme, mais je continuerai à faire de la politique !  » avait-elle lancé en février. D’autant que le RN demeure dirigé par un clan : le sien.

Une « PME » familiale, dit-on souvent : sa sœur Marie-Caroline, fille aînée de Jean-Marie, est revenue en grâce depuis 2016 et s’occupe des déplacements et de l’intendance pour Marine. Elle est mariée à Philippe Olivier, conseiller principal de la candidate perdante. Et leur fille Nolwenn est en couple avec Jordan Bardella, promu président du RN lors du congrès de juillet 2021 et dont l’ambition sans limites ne rencontrera pas d’obstacles : il est promis à la succession politique du parti d’extrême droite.

[…]. L’effondrement des « Républicains » avec les 4,8 % de Valérie Pécresse et l’émergence d’un pôle radicalisé avec le parti Reconquête ! d’Éric Zemmour ouvrent une période où les cartes au sein de la droite et de son extrême vont être rebattues.

Pour le politologue et chercheur au CNRS Bruno Cautrès : « Les législatives seront le juge de paix pour le RN mais surtout pour Éric Zemmour. S’il parvient à être élu et à avoir quelques députés, il peut s’implanter. Sinon, il risque de disparaître. » […].

Dans un communiqué de presse publié le 19 avril 2022, l’ex-chroniqueur du Figaro (E. Zemmour) propose d’ailleurs « la création d’une grande coalition des droites et de tous les patriotes », ajoutant tendre « la main au Rassemblement national, aux “Républicains” qui refusent le macronisme et à Debout la France ». Mais, forte de ses 42 %, c’est Marine Le Pen qui demeure au centre du jeu à l’extrême droite.


Benjamin König. Source (extraits)


Une réflexion sur “Ne pas se tromper…

  1. bernarddominik 25/04/2022 / 17:34

    En Autriche, l’extrême droite fait alternance avec les écologistes. Les 43% du second tour ne sont pas significatifs. Cependant, le premier tour donne tout de même 33 % aux 3 candidats Le Pen, Zemmour et Dupont Aignan plus que les 6 candidats de gauche, il faudra apprendre à vivre avec elle.

    La 10ᵉ circonscription des BdR a presque toujours été à gauche, mais elle a basculé FN des villes comme Allauch Auriol sont passées du PCF au ps puis à LR et votent maintenant à 58% le Pen.
    Des villes encore communistes la Bouillabaisse Roquevaire ont voté à 53% le Pen. Même Martigues bastion de Gaby Charroux communiste de toujours à voté le Pen. Toute la ceinture ouvrière de l’étang de berre et le bassin minier ont voté le Pen, et encore plus dans le Var
    Les caciques locaux Muselier Falco Estrosi ont du souci à se faire. Si la gauche veut résister elle doit s’unir en tenant compte de l’effondrement du ps des verts et du PCF.
    Je rajoute un détail qui a son importance les communes agricoles des BdR ont aussi voté le Pen. On voté Macron les communes de rupins Cassis, Gemenos, St Remy et les grandes villes Aix Marseille, Arles. Pour Marseille les melanchonistes ont préféré Macron contrairement à ceux des communes périphériques.

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