Toujours plus d’armes pour combattre Poutine

Plusieurs notes de synthèse rédigées par les services de renseignement de l’Otan — au sein desquels les Américains ne sont pas seuls à exercer leurs talents — ont recensé les divers armements reçus par les Ukrainiens durant le premier mois de guerre.

Ces livraisons sont publiques, le président Zelensky en a souvent fait état. Cependant, las la diversité et le nombre des matériels fournis à l’armée ukrainienne, eux, ne le sont toujours pas.

Exemples : certains États donateurs ont fourni 60 000 missiles antichars, comme le Javelin américain ou le Milan français, et 25 000 missiles antiaériens, tel le fameux Stinger, dont les talibans s’étaient jadis servis contre les hélicoptères blindés russes en Afghanistan. En revanche, les services de l’Otan ne précisent pas combien de drones, de mortiers, de lance-grenades, de gilets pare-balles ou de missiles antichars britanniques Starstreak, filant à trois fois la vitesse du son, ont été expédiés aux défenseurs de Kiev et de Marioupol.

Une mention spéciale pour la livraison de 100 Switchblade, un drone kamikaze américain qui possède son propre système de guidage et d’identification des cibles. Des officiers US se sont rendus dans un lieu tenu secret pour former, deux jours durant, des soldats ukrainiens à son emploi. Ce cadeau de la technologie américaine s’ajoute aux très efficaces drones turcs Bayraktar (fabriqués dans les usines du gendre d’Erdogan), équipés chacun de quatre missiles air-sol guidés par laser.

Autre révélation des barbouzes-comptables de l’Otan : les Ukrainiens se servent d’un missile antichar Stu­gna (produit localement) pour abattre des hélicoptères ou des avions russes quand ils volent trop bas. Un Sukhoi en a fait les frais, le 3 avril.

Cobelligérance interdite

Voilà pour le bilan dressé après un mois de guerre. Naturellement, les livraisons se poursuivent, et, le 3 avril, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a demandé un soutien militaire plus im­portant, notamment des avions et des chars. Ce à quoi les Américains et les membres de l’Otan se sont jusqu’ici refusés. En effet, de telles livraisons d’armes offensives seraient considérées comme un acte de cobelligérance, selon les lois de la guerre…

Toujours d’après l’Otan, plusieurs Etats ont fait des promesses aux Ukrainiens. L’Australie s’est engagée à fournir des ambulances blindées et des moyens de transport de troupes. Chypre veut livrer des missiles antiaériens et des hélicoptères.

La Grande-Bretagne va envoyer des véhicules blindés d’infanterie et des missiles antinavires qui permettraient de dé­fendre la ville et le port d’Odessa. La Slovaquie fournira des missiles antiaériens S-300 d’origine russe, à la condition que les États-Unis les lui remplacent en livrant des Patriot.

A vérifier, enfin, si les Tchèques passaient à l’acte : ils envisagent en effet de donner à Kiev des chars russes T-72 encore en leur possession. Mais Poutine et ses généraux pourraient dès lors les considérer comme des cobelligérants, et les traiter comme tels…

Et la France ? Macron veut maintenir le secret sur ses livraisons, car il souhaite poursuivre le dialogue au nom de l’Union européenne avec Poutine. Selon les services de l’Otan, rien d’extraordinaire pourtant.

Les Ukrainiens ont reçu des missiles Apilas et Milan, des lance-roquettes, des fusils d’assaut, des mortiers, des instruments de vision nocturne, des caméras thermiques, etc. Mais, en privé, ils reprochent à Macron de « ne pas en faire assez ».


Nouvelles bases US face à Moscou

Mark Milley, le chef d’état-major interarmées des États-Unis, envisage, avec l’accord du président Biden, de créer une série de bases militaires américaines dans les trois États baltes, ainsi qu’en Pologne, en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie et en Slovaquie. Leurs effectifs seraient régulièrement renouvelés. Il en a fait la confidence à ses homologues européens.

Ce projet se trouvera au menu de la réunion, les 29 et 30 juin à Madrid, des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des 30 pays membres de l’Otan.

Selon le Pentagone, la guerre russo-ukrainienne contraint les Alliés à concevoir « une nouvelle architecture de sécurité » en Europe. En clair, une présence militaire renforcée des États-Unis sur le Vieux Continent, en particulier sur le flanc oriental de l’Otan. « Pour rassurer nos partenaires et dissuader tout adversaire, à commencer par la Russie », a promis le général Mark Milley.


Claude Angeli. Le Canard Enchainé. 13/04/2022


2 réflexions sur “Toujours plus d’armes pour combattre Poutine

  1. jjbadeigtsorangefr 23/04/2022 / 17:10

    Putain de guerre ……………..

  2. bernarddominik 23/04/2022 / 17:12

    La présence américaine dans les pays frontaliers de la Russie et la Biélorussie dépend en réalité de l’élection d’un démocrate dans 2 ans. Pas sur. En cas de réélection de Trump l’appui américain à l’Ukraine sera t il maintenu? Et que fera l’UE dans ce cas? De toute façon Zelensky ne sera jamais satisfait tant que l’otan ne risquera pas une troisième guerre mondiale et dans ce dernier cas que fera la Chine? Il faut reconnaître à Macron sa prudence, aider l’Ukraine discrètement. Cette guerre révèle aussi que notre industrie de l’armement n’est plus au top delà technologie: missiles obsolètes, pas de drones, rafale distancé en terme de vitesse, tanks leclerc pas au niveau des russes et des allemands… mais mettre tant d’argent dans l’armement est ce une option réaliste et acceptable ? Malgré ses satan2 l’armée russe est à la peine.

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