Une situation française…

Analysons…

« Ni de droite ni de gauche », se revendiquait le candidat Macron, pourfendeur des « vieux partis », en 2017.

Cinq ans plus tard, c’est réglé : LR et le PS, qui [entendaient prolonger une hégémonie représentatives], sont complètement dézingués.

Sévèrement cabossés voilà cinq ans (le second bien plus que le premier), les voici aujourd’hui, à tous les sens du terme, complètement ruinés. Et en décomposition, avant une inévitable recomposition.

[Vive les « macrons compatibles »… ces amateurs de vestes retournables, ces cireurs de pompes espérant « un maroquin »… les feux de l’info et la bonne rémunération, oubliant l’idéologie d’un parti politique qui pourtant leur avait mis le pied à l’étrier. MC]

« Qui ? », comme dirait l’autre, « qui aurait imaginé un seul instant » que le parti qui se revendique encore du «général de Gaulle » se retrouve à la rue et mis à mal avec Pécresse à 4,8 % ?

Ou, pire encore, à l’autre bord, un PS avec Hidalgo à 1,7 %, dépassée par Lassalle, derrière Roussel et Dupont-Aignan.

L’amère de Paris avait pour slogan « Changeons d’avenir ».

Pari réussi : l’avenir du PS appartient désormais au passé.

Et le sien à l’Hôtel de Ville risque d’être chahuté.


« Ni de droite ni de gauche » mais toujours face au sortant Macron, une extrême droite et une extrême gauche. Celles-là mêmes à propos desquelles, au début de son quinquennat, Macron promettait, la main sur le coeur, de « tout faire pour qu’il n’y ait plus aucune raison de voter pour elles ». Avant même le résultat que l’on sait, il a reconnu ne pas y être parvenu. C’est bien le moins, tant le vote pour les extrêmes a proliféré en cinq années.

Certes, Macron se retrouve face à Le Pen, son adversaire préférée, mais, même s’il la devance de plus de 4 points, il a plus qu’elle besoin d’aller chercher des voix à droite et à gauche. Y compris, pour ne pas dire surtout, chez les électeurs de Mélenchon. Ce dernier a bénéficié de l’effet « vote utile », mais, malgré son gros score, il se retrouve, comme les autres recalés, à devoir jouer les utilités. Et les 22 % de celui qui est arrivé, cette fois, à seulement 421 420 voix du second tour sont évidemment les plus convoités. C’est même une surenchère effrénée.

Le Pen, qui n’a pas eu à aller réclamer à Zemmour ou à Dupont-Aignan leurs suffrages, est avide de voix de gauche. Et n’hésite pas à en faire des tonnes pour les attirer.

Cadeaux fiscaux à tout-va et baisse des ‘prix assurée. Elle met en sourdine le côté très extrême-droitier qui fonde toujours son programme et brode en boucle sur le pouvoir d’achat, en appelant dans le même temps « tous ceux qui n’ont pas voté Macron à rejoindre [son camp] ».

Lequel Macron, de son côté, n’est pas en reste. Après avoir invité « les Français, quelle que soit leur sensibilité », à rejoindre la Macronie, il ne lésine pas, sur le terrain, pour les y inciter.

Il est très « honoré », après avoir apprécié celui du Medef, du soutien que lui a donné Sarkozy alors qu’il l’avait refusé à Pécresse.

Ravi aussi du soutien que de nombreux LR lui ont déjà apporté, et de ceux qui vont suivre dans la foulée après cette déclaration et les petits arrangements pour la suite. Mais, pour que ses nouveaux amis de droite ne l’empêchent pas, en les rebutant, de s’en faire d’autres à gauche, dont il a grand besoin aussi, en attendant un vrai débat, il promet à tour de bras. Même de modifier sa réforme des retraites, qu’il traîne comme un boulet, ou de la soumettre à un référendum cher à son adversaire…

« Ni de droite ni de gauche » mais contraint d’aller chercher des voix à droite et à gauche en même temps, car le danger est plus grand que lors du quinquennat précédent de se retrouver avec l’extrême droite seulement.


Édito d’Erik Emptaz du 13/04/2022


Une réflexion sur “Une situation française…

  1. jjbadeigtsorangefr 19/04/2022 / 18:13

    Ni de gauche ni de gauche, humblement au service du grand capital il fit les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Voter Macron est un crève cœur mais laisser les fachos prendre le pouvoir une hérésie et un danger mortel pour la démocratie alors pas d’hésitation pour ce deuxième tour.

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