Élections: Ces ploufs retentissants…

Les Républicains (LR)– Valérie Pécresse

La candidate LR Valérie Pécresse a réalisé dimanche le pire score pour la droite classique à une présidentielle, arrivant nettement derrière Eric Zemmour. Le parti, dont les dirigeants se réunissent lundi 11/04/2022, est au bord de l’implosion.

Jamais ils n’avaient imaginé une pareille déculottée. Les militants LR sont ce lundi sans doute groggy après l’humiliation du score de leur candidate, Valérie Pécresse. Autour de 5 %, bien en dessous du score d’Éric Zemmour. Et bien en dessous du score de 8,48 % de François-Xavier Bellamy aux Européennes de 2019, considéré comme un accident isolé.

Digne dans la défaite

La droite classique LR a donc quasiment disparu du paysage politique français. Les 20 % de François Fillon en 2017 se sont envolés et dispersés chez Éric Zemmour, Marine Le Pen ou même Emmanuel Macron. « C’est une déception personnelle et collective » a avoué Valérie Pécresse, digne dans sa défaite, digne après une campagne où elle n’a jamais trouvé le ton juste, tiraillée entre la ligne droitière d’Éric Ciotti et celle plus sociale de Xavier Bertrand, deux de ses rivaux à la primaire. Rien n’a été épargné à Valérie Pécresse durant cette campagne. Ni les polémiques, ni les meetings ratés, ni le Covid, ni le silence de Nicolas Sarkozy.

« Emmanuel Macron et les extrêmes se sont unis pour battre la droite républicaine », a dénoncé la candidate de droite, qui doit bien trouver des excuses.

Signe de cette absence de ligne claire chez LR, 35 % des électeurs de Valérie Pécresse choisiront Emmanuel Macron au second tour, 35 % Marine Le Pen et 30 % n’iront pas voter, selon un sondage Ifop. Valérie Pécresse, elle, n’a eu aucune ambiguïté : « L’élection de Marine Le Pen conduirait à l’effacement de la France. Je voterai en conscience Emmanuel Macron pour éviter l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. »

Elle a même balayé « tous les autres choix », et donc l’abstention. Des personnalités comme Damien Abad (président des députés LR) ont fait la même chose.

Pas de ligne claire

Mais c’est loin d’être unanime. Éric Ciotti ne donne pas de consigne de vote, mais affirme qu’il ne votera pas pour Emmanuel Macron.

La plupart des grands élus LR se sont réfugiés dans le silence. Le bureau exécutif et le bureau politique se réunissent lundi 11 avril 2022. Que décideront-ils ?

Entre ceux qui veulent faire barrage à l’extrême droite et ceux qui sont favorables au « ni ni », il n’y a désormais après cette défaite cinglante, la troisième consécutive à une présidentielle, plus de points communs.

Le parti devrait éclater.


Nathalie Mauret. Le Dauphiné. 11/04/2022


Le Parti Socialiste (PS) – Anne Hidalgo

Le chemin de croix de la candidate socialiste s’est arrêté dimanche soir comme attendu, autour de 2 %. Mais sa dixième place, selon des premiers résultats, amplifie l’humiliation.

La présidentielle 2022 signera-t-elle la fin du Parti socialiste ?

Avec moins de 2% des voix (selon les premiers résultats), Anne Hidalgo a réalisé ce dimanche 10 avril le pire score de l’histoire du parti de gauche. Elle fait moins bien que Benoît Hamon (6,3%) en 2017 et que Gaston Defferre (5 %) en 1969 qui détenait jusque-là le record du plus bas.

La défaite de la socialiste n’est pas une surprise. Elle stagnait à 2% d’intentions de vote depuis des semaines. L’humiliation n’en est pas moins grande.

Largement éclipsée par l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, elle se place à la dixième place parmi les douze candidats en lice : devant Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA), mais derrière le député béarnais Jean Lassalle, le communiste Fabien Roussel et le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, si les scores sont confirmés.

« J’espérais quand même qu’elle atteindrait les 5% », se désole Joseph, 60 ans, K.O. dans un fauteuil du bar Le Poinçon à Paris où la candidate a réuni, dimanche soir, son équipe de campagne et quelques rares militants.

Dans ce scénario du pire, Anne Hidalgo laisse aussi sur la table une addition salée au PS. Faute d’avoir atteint les 5 %, elle ne sera pas remboursée de ses frais de campagne par l’État (le manque à gagner pourrait atteindre les huit millions d’euros). C’est presque un détail et les comptes de campagne attendront un peu.

De nouvelles roses ou des chrysanthèmes ?

Car un autre épisode a débuté. Avant même le 10 avril. Le « pitch » ressemble à celui de 2017, en plus dramatique : le parti à la rosé peut-il refleurir sur un nouveau terrain ou faut-il prévoir les chrysanthèmes ? « Je serai là pour redonner sa fierté à une gauche moderne, ouverte, de toutes les couleurs, inventive », a lancé Anne Hidalgo dimanche soir. « Cela commencera dès le lendemain de l’élection présidentielle, avec les législatives. Nous travaillerons au rassemblement de la gauche dispersée qui n’a pas su s’unir quand il le fallait. »

La maire de Paris entend être un appui de la reconstruction. Mais quelle légitimité peut-elle encore avoir dans ce scénario ?

Soucieux de ne pas voir lui échapper son rôle de numéro un socialiste malgré un bilan controversé, Olivier Faure a, de son côté, lancé « un appel solennel » afin de construire ensemble pour les élections législatives « un pacte pour la justice sociale et écologique ».

La véritable urgence du PS, ce sont bien les scrutins des 12 et 19 juin. Pour la survie financière et politique du parti. Dans l’immédiat, il en est réduit à appeler à faire barrage à l’extrême droite en appelant à voter, le 24 avril, pour Emmanuel Macron.


Christine Beranger. Le Dauphiné. 11/04/2022


Une réflexion sur “Élections: Ces ploufs retentissants…

  1. bernarddominik 12/04/2022 / 12:36

    Dans ma commune où le maire apparenté PCF a donné sa signature à Roussel, LR fait à peine jeu égal avec Lasalle, Roussel est en dessous et Hidalgo encore plus bas. C’est une recomposition de l’électorat jamais vue. Il va falloir apprendre à vivre avec une extrême droite majoritaire, face aux multiples échecs de la social démocratie et de la démocratie libérale, les Français se retranchent sur leur pré carré. C’est la politique de la citadelle. On ferme les portes, on s’enferme dans des murs.

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