Ceux qui vont jouer les législatives

… en se présentant à la présidentielle, à part Mélenchon, ils se savaient dans l’impossibilité d’accéder au pouvoir.

Leur but était d’offrir une rampe de lancement aux candidats locaux se présentant aux élections législatives. Certains, sur ce points, ont mieux réussi que d’autres, reste à savoir si la transformation en nombre d’élus dans l’hémicycle, sera au rendez-vous. MC

Jean-Luc Mélenchon

Le « trou de souris » dont il rêvait était trop étroit.

La dynamique qui a porté Jean-Luc Mélenchon dans les derniers. jours de la campagne n’aura pas été suffisante. Le candidat de l’Union populaire n’a pas réussi à rattraper son retard sur Marine Le Pen car la candidate du Rassemblement national a aussi bénéficié en parallèle d’une forte dynamique.

Comme en 2017, la marche aura été trop haute pour celui qui se comparait à une « tortue sagace ». Jean-Luc Mélenchon qui semblait abonné à la quatrième place (11,10 % des voix en 2012 et 19,58 % en 2017) a réussi cette fois à se hisser en troisième position et à améliorer son score en obtenant près de 22 % des voix, selon les premières estimations.

Un « vote utile » à gauche

Dans les derniers jours de la campagne, Jean-Luc Mélenchon a bénéficié à la fois du « vote utile » à gauche et d’une montée des préoccupations des Français inquiets pour leur pouvoir d’achat. Les électeurs ont été séduits par son programme s’attaquant au libéralisme économique et financier et s’appuyant sur plus d’égalité et de justice sociale, comme le faisait remarquer une note de la Fondation Jean-Jaurès publiée à une semaine du premier tour.

Jean-Luc Mélenchon a écrasé toute concurrence à gauche mais il y avait de l’amertume dimanche soir dans les rangs des militants de l’Union populaire. Le député du Nord Adrien Quatennens, que certains présentent comme le fils spirituel de Jean-Luc Mélenchon, a critiqué le maintien de la candidature du communiste Fabien Roussel, « qui nous a peut-être empêchés d’être au deuxième tour ».

« Choisir entre deux maux »

Comme en 2017, Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consigne de vote en faveur d’Emmanuel Macron dimanche soir au Cirque d’hiver à Paris où étaient rassemblés ses sympathisants, tout en appelant à faire barrage à l’extrême droite. Il a regretté une situation qui « nous oblige à choisir entre deux maux. Nous savons pour qui nous ne voterons jamais. Vous ne devez pas donner une seule voix à Marine Le Pen », a-t-il martelé en répétant cette phrase quatre fois. Le député des Bouches-du-Rhône ajoute qu’il consultera les 310 000 personnes qui l’ont parrainé en ligne, comme il l’avait annoncé avant le premier tour.

Adrien Quattenens accuse Emmanuel Macron d’être le principal responsable de la montée de l’extrême droite et prévient qu’une victoire de Marine Le Pen dans 15 jours n’a rien d’impossible « si Macron maintient son programme d’une grande brutalité, avec notamment la retraite à 65 ans ».

L’après-Mélenchon se prépare déjà

À 70 ans, Jean-Luc Mélenchon se prépare à passer le relais, comme il l’a dit à ses supporters : « Maintenant c’est à vous de faire. Une nouvelle page du combat s’ouvre. » Adrien Quattenens évoque lui aussi l’après-Mélenchon, mais sans dire s’il se voit en successeur. « Il faudra rester groupé », répond le coordinateur de La France insoumise.

À 15 jours d’un second tour opposant à nouveau Emmanuel Macron et Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon s’est inquiété « d’un état d’urgence politique » venant s’ajouter à « un état d’urgence écologique et social ». Sans préciser s’il faudra tendre la main aux autres forces de gauche, comme le suggèrent certains membres de La France insoumise sans le proclamer ouvertement. « Dans la bataille qui arrive, nous avons constitué le pôle populaire. Ne commettons pas l’erreur de nous fourvoyer », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, en laissant planer le doute sur ses intentions.

Ses soutiens étaient très déçus, après avoir cru à un second tour possible contre Emmanuel Macron. Sara Tij, une militante de La France insoumise, était au bord des larmes. « On a fait une très belle campagne. On redonne l’espoir au peuple de gauche après que le Parti socialiste a détruit la gauche et on a ramené l’écologie dans les classes populaires. La lutte va continuer. »

Luc Chaillot.Le Dauphiné -11/04/2022

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Roussel promulgue le PCF devant le PS

Fabien Roussel, le temps d’une campagne, a remis les communistes à la mode. Mais cela ne lui a pas permis, au soir du premier tour de dépasser le 3 % des suffrages.

Comme les autres candidats de gauche, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) n’a pas résisté à la « lame de fond » du vote utile en faveur de Jean-Luc Mélenchon (Union populaire).

Même faible, sa performance conserve une saveur positive pour les communistes. Ils passent pour la première fois depuis 1969 devant les socialistes à une élection présidentielle. Un levier pour négocier une meilleure place dans le futur « pacte » des forces de gauche voulu par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Pourtant, avec autour de 2,5 %, le secrétaire national du PCF fait mieux que Marie-George Buffet en 2007 (1,93 %), mais moins que Robert Hue en 2002 (3,37 %). Après avoir fait campagne pour Jean-Luc Mélenchon en 2012 et en 2017, le PCF n’a pas réussi à convaincre les électeurs de préférer leur ligne au vote insoumis.

Pour les communistes, le véritable enjeu est ailleurs : les législatives. « Nous avons semé des graines. Chacune des voix est unpoint d’appui pour faire gagner la justice sociale et l’égalité. L’enjeu est aujourd’hui de reconstruire une gauche forte, nouvelle, populaire, en capacité de gagner demain », a déclaré le candidat communiste à l’issue du premier tour. Fabien Roussel compte bien capitaliser sur son image de campagne pour l’après, et la place du PCF à l’Assemblée.

Article non signé lu dans Le Dauphiné -11/04/2022

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Jadot, le rendez-vous manqué de l’écologie

… lorsque le résultat des verts à élections européennes ne garantit pas un score à la présidentielle…

Douche froide pour les écologistes. Avec moins de 5 % des voix pour Yannick Jadot, les Verts subissent une double peine. Politique… et financière. Leur score (si les résultats définitifs confirment les estimations) ne leur permet pas d’être remboursés de leurs frais de campagne.Il est en dessous du record de Noël Mamère en 2002 (5,25 %).

Les écologistes, pourtant, avaient vu grand pour cette campagne. Après leur score aux Européennes de 2019 (13,5 %) et leurs victoires aux municipales de 2020, ils pensaient leur temps venu pour une performance à la présidentielle… et le leadership à gauche. Rien ne s’est passé comme prévu. Après les couacs de la primaire écologiste avec Sandrine Rousseau, le sparadrap de l’union de la gauche avec la Primaire populaire et la guerre en Ukraine ont écrasé encore plus une campagne dans laquelle Yannick Jadot est apparu bien terne. Le sursaut du meeting du Zénith fin mars (le plus grand de l’histoire des écologistes et le plus gros succès de la campagne) n’a pas inversé la donne. Déjà, le temps politique était à autre chose : le « vote utile » en faveur de Jean-Luc Mélenchon, qui taraudait l’électorat de gauche.Yannick Jadot, au soir du premier tour, après avoir appelé à faire barrage à Marine Le Pen en votant pour Emmanuel Macron, a été contraint de lancer un « appel aux dons », à ses sympathisants, pour permettre à l’écologie politique de continuer à porter ses combats durant le quinquennat.

Signé des Initiales E.B. Le Dauphiné -11/04/2022

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Lassalle augmente son score

Il a créé la surprise chez les petits candidats. Jean Lassalle a réuni 2,8% des suffrages, bien plus que son score de 2017 (1,21 %). Selon de premières estimations, le candidat, qui a fait de la ruralité l’un de ses thèmes de campagne, arrive même devant la socialiste Anne Hidalgo ou le communiste Fabien Roussel.

Une sacrée poussée qui aurait pu ne pas avoir lieu. À la mi-mars, le député béarnais avait menacé de se retirer de la course à la présidentielle. Jean Lassalle dénonçait le manque de visibilité médiatique des petits candidats. Il avait affirmé se sentir considéré comme « un candidat de merde et inutile ». Ce représentant de la ruralité regrettait ne pas être parvenu à faire émerger ses thèmes de prédilection dans les débats. « C’est une campagne de merde, on ne dit rien », avait-il déclaré. Durant cette campagne, Jean Lassalle a toutefois capitalisé sur sa sympathie et l’image positive qu’il renvoie à une partie de l’électorat. Dans sa commune de Lourdios-Ichère, un petit village de 136 habitants des Pyrénées-Atlantiques, le candidat de Résistons ! a rassemblé plus de 65 % des suffrages, devant Emmanuel Macron (11,50 %) et Jean-Luc Mélenchon (7,96%). Il a d’ores et déjà annoncé qu’il serait candidat eux législatives.

Article non signé lu dans Le Dauphiné -11/04/2022

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Dupont-Aignan : La rechute

En 2017, il avait frôlé les 5 %. Cette année, pour sa troisième candidature, le candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan enregistre un score d’environ 2 %. En 2021, son parti Debout la France a connu une sévère hémorragie, avec le départ de près de 80 de ses cadres, pour la plupart partis soutenir la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen. Pour tenter de glaner des voix, Nicolas Dupont-Aignan n’avait pas caché sa proximité avec les antivaccins, s’affichant lors des manifestations contre le pass sanitaire aux côtés de Florian Philippot, l’ex-bras droit de Marine Le Pen. Insuffisant.

Pour le second tour, le député de l’Essonne a appelé ses partisans « à tout faire pour faire barrage » au président sortant Emmanuel Macron, précisant qu’il votera pour Marine Le Pen. En 2017, la candidate d’extrême droite avait promis de prendre Nicolas Dupont-Aignan comme Premier ministre, si elle était élue. Pas sûr que cette alliance se répète cette année.

Article non signé lu dans Le Dauphiné -11/04/2022

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Poutou : « Pas une voix à l’extrême droite »

« Notre consigne de vote est claire : pas une voix ne doit aller à l’extrême droite », a martelé Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), dimanche soir, à l’issue des résultats depuis son QG. « Pour autant, nous ne donnerons pas de consigne de vote en faveur de Macron, car c’est un pompier pyromane dont les politiques sont une des causes de la montée du RN. ; Pour Philippe Poutou, la candidate Marine Le Pen constitue un « poison », qui « cherche à attiser la haine contre les populations immigrées » et « représente un danger mortel » pour les droits en particulier « des populations im migrées ou personnes LGBT. Pour autant, le candidat du NPA – qui a récolté 0,79 % des voix selon les dernières estimations – estime que « Macron n’est en rien un rempart contre l’extrême droite, qui a progressé pendant son quinquennat ». Il a en conséquence appelé samedi et dimanche prochains à des « manifestations massives dans tout le pays » contre « l’extrême droite et les politiques libérales et autoritaires quila nourrissent ».

Article non signé lu dans Le Dauphiné -11/04/2022

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Arthaud : « Le Pen pareil que Macron », vote blanc

« Tout au long de cette campagne, mes intervieweurs m’ont demandé ce que je faisais dans cette élection, étant donné que les sondages me donnent moins de 1 %, mais aussi parce que j’assume ne pas chercher à être présidente de la République. » Nathalie Artaud, candidate du parti Lutte ouvrière, a recueilli 0,6 % pour ce premier tour de la présidentielle. En 2017, celle qui se veut être « la porte-parole des travailleurs » avait obtenu 0,64 % des voix, contre 0,56 % en 2012.

Pour le second tour de la présidentielle, la successeure d’Arlette Laguiller s’est refusée à donner une consigne de vote, qualifiant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, « d’ennemis mortels pour les travailleurs ». « Macron fera du Le Pen et Le Pen fera du Macron. » « Nous avons le choix entre deux ennemis. Le 24 avril, je voterai blanc », a-t-elle ensuite écrit sur son compte Twitter. « Le combat continue dans les entreprises et quartiers populaires. » Pour autant, Nathalie Arthaud a appelé ses électeurs à ne pas se démobiliser en vue des législatives.

Article non signé lu dans Le Dauphiné -11/04/2022


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