Russie-Ukraine…

… Infos sur la stratégie dramatique russe…

C’est une récente analyse de la DGSE transmise à l’Élysée qui a sensibilisé Macron à cette date clé : avant l’annonce de « progrès substantiels » dans les négociations entre Russes et Ukrainiens, Poutine comptait les jours le séparant du 9 mai 2021, date du 77ᵉ anniversaire de la victoire soviétique contre le nazisme. Frustré par l’échec de sa guerre éclair en Ukraine, le petit tsar se focalisait sur l’organisation, ce jour-là, d’un défilé militaire aux allures victorieuses dans les murs du Kremlin. L’an dernier, à cette occasion, il avait déjà promis de défendre « fermement » les intérêts nationaux contre le « retour des russophobes ». L’avertissement était alors passé un peu inaperçu…

Généraux fauchés

La fébrilité russe s’est confirmée le 25 mars, avec l’annonce du général Sergueï Roudskoï : le chef d’état-major adjoint a précisé que le gros de l’effort militaire russe allait, dans l’immédiat, se concentrer sur la « libération du Donbass » (déjà contrôlé à 95 % autour de Lougansk et à 55 % autour de Donetsk).

Commentaire d’un ex-chef d’état-major français : « La situation doit être vraiment compliquée. Le haut commandement russe ne réévalue jamais ses plans en pleine opération. Or, à l’origine, il s’agissait de prendre bien plus que le Donbass. »

Mais les faits sont têtus. Les troupes ne progressent plus, et, à part Kherson, aucune ville importante n’a pour l’heure été conquise. En outre, selon des estimations de l’Otan, les trois quarts des 196 bataillons de l’année de terre sont déjà passés sur le « théâtre » ; il n’y a plus de réserves (sauf à recourir massivement aux appelés, au risque d’une saignée plus grave encore).

Cet ajustement tactique ne signifie nullement que Poutine a renoncé à ses objectifs politiques : la « démilitarisation » de toute l’Ukraine et le renversement de ses dirigeants élus, le tout assorti d’une correction de frontière.

Pire ! selon des synthèses des services français, le pilonnage des civils, à l’approche de la date fatidique, va s’intensifier dans les quatre ou cinq agglomérations directement concernées (en plus de Marioupol).

C’est aussi dans ce contexte que le recours à des armes de terreur, de type obus chimique, devient une menace réelle, comme Joe Biden l’a évoqué lors du sommet de l’Otan du 24 mars. Et, même si aucun dirigeant occidental ne se risque publiquement sur ce terrain, les conditions d’une riposte à une provocation russe sont d’ores et déjà étudiées au sein de l’Alliance.

Le parapluie américain

Le scénario est d’autant plus crédible que la surveillance permanente du champ de bataille via les moyens d’écoute électronique et d’observation américains, coordonnée aux forces ukrainiennes, s’avère extrêmement performante. Elle explique par exemple les frappes rapides et précises dont plusieurs généraux russes (sept, selon les Ukrainiens) ont été victimes depuis le début du conflit.

Comme le site « korii.slate.fr » (25/3) l’a signalé, l’Ukraine vient, en outre, de mettre la main sur une merveille électronique russe : un élément de Krasukha-4, dispositif que Moscou utilise pour brouiller les radars et systèmes de détection des drones et missiles ukrainiens. Les Américains commencent, avec délice, à le décortiquer.

Invisible, la guerre électronique n’en reste pas moins redoutable.


Jerôme Canard. Le Canard enchaîné. 30/03/2022


3 réflexions sur “Russie-Ukraine…

  1. jjbadeigtsorangefr 05/04/2022 / 09:41

    Que d’énergie dépensée au service d’une tuerie …………….

    « Guerre à la guerre », engageons-nous tous dans cette bataille.

  2. bernarddominik 06/04/2022 / 09:04

    La propagande occidentale masque les crimes commis par les milices ukrainiennes: le 30 mars les russes évacuent Boutcha. Le 31 le maire déclare « tout va bien les russes sont partis ». Il ne signale aucun cadavre (Boutcha est un gros village). Mais ce jour là les milices ukrainiennes assassinent les pro russes comme traitres, ce qui explique les mains attachées avec le ruban blanc que portaient les pro russes. Les ONG découvrent ces crimes le 2 avril et Zelensky en accuse les russes pour cacher les crimes de ses milices néo nazies, déclarations reprises en chœur par nos médias. Oui cette guerre est sale, mais pas que du côté Poutine

    • Libres jugements 06/04/2022 / 11:36

      Bernard, ce blog libre jugement existe depuis plus de 10 ans.
      L’administrateur que je suis a toujours respecté l’information en se gardant de diffuser certaines informations sans qu’elles soient coupées et recoupées par plusieurs sources, et dans la mesure du possible ne « collant » pas à l’immédiateté.
      D’autre part, j’ai toujours eu une position anti Fake News dont les poubelles en sont pleines.
      Que des pros ou anti ukrainiens, pros anti russes, pros anti Européen, pros ou anti gouvernement Biden; « jouent » avec la communication pour arriver à leur but, les regardent, mais il ne faut pas tomber dans le piège tendu.
      Ta position (certainement guidée par quelques médias) Bernard, est (me semble-t-il) bien trop hâtive.
      Comme tout le monde je ne refuse pas de voir la réalité qui se présente aux fils des reportages, mais de là où je suis, assis dans un fauteuil en France, loin des événements, ne recevant que des infos parcellaires et même se voulant neutre, sont partiales, de quel droit je puis affirmer une position anti ou attribuer telles actions envers untel ou untel. Ai-je toutes les clés pour comprendre, dans quelle mesure ce que les médias montrent, sont attribuables avec certitude aux uns ou aux autres

      Comme d’habitude sur ce blog, j’approuve ce commentaire, « libre jugement à chacun…

      Cordialement,
      Michel

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