Mobilisation pour le vote

En France, à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, le pouvoir, en difficulté, cherche par tous les moyens à renouveler le scénario du précédent scrutin présidentiel.

Le candidat–président vient de réactiver son « assurance-réélection » avec l’agitation du chiffon de la chef de l’entreprise familiale proto-fasciste qui comme l’ont fait tous les fascistes camoufle désormais son programme tout en reprenant les aspirations sociales populaires.

Certes le Président de la République est placé en tête dans les sondages, mais il reste beaucoup d’indécis. De nombreuses électrices et de nombreux électeurs changent d’intention de vote au gré des jours.

Cette indécision est l’une des manifestations de la crise de la politique qui pousse d’une part plus du tiers des citoyens à vouloir s’abstenir.

D’autre part, cette volatilité signifie que le contenu de chaque vote est ressenti comme d’importance égale.

Le refus de débat contradictoire encourage encore plus la non-implication citoyenne dans une période de succession de gouvernements de couleurs différentes, qui ont en fait mené la même politique au service des puissants, contre les classes populaires.

Le vote pour changer la donne

La question posée à des millions de nos concitoyens est de savoir comment ils peuvent peser en faveur de leurs intérêts par le vote à cette élection, puis aux élections législatives.

Un vote clair, sincère, reliant le meilleur des combats de la France travailleuse pour reconstruire le pays à la Libération, avec de grands conquis communistes comme la Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, EDF, le statut du fermage ou l’office du blé garantissant des prix des céréales stables et les combats d’aujourd’hui pour de nouveaux « jours heureux ».

[…]

Le vote pour ouvrir un avenir nouveau :

● Une Sécurité sociale élargie, avec une sécurité de vie incluant l’accès de toutes et de tous à l’école de la République laïque et gratuite ;

● Un gigantesque effort pour une politique de santé incluant d’autres conditions de vie avec la réduction du temps de travail,

● Une transformation de la production agricole avec les agriculteurs et le soutien à la pêche artisanale et l’exploitation des ressources de la mer, comme les algues, pour une alimentation de qualité accessible à toutes et tous.

● De nouveaux investissements et une nouvelle organisation des systèmes hospitaliers, le retour aux remboursements à 100% des frais médicaux. […]

La priorité ne serait plus donnée à la rémunération du capital et des actionnaires, mais à la création des conditions de la souveraineté des travailleurs sur leur travail.

Cela inclut :

● De nouveaux pouvoirs pour les salariés dans l’entreprise jusque dans la gestion et les orientations stratégiques ;

● De nouvelles appropriations sociales et démocratiques, car la transition sociale, la transition environnementale pour la ré-industrialisation et une nouvelle agriculture et l’élargissement des services publics pour l’égalité ne peuvent se faire avec la prédominance de la propriété privée du capital.

Les services publics sont à la fois facteur d’égalité et atout de la transition sociale, écologique et démocratique.

Un nouveau progrès viserait à obtenir l’égalité de rémunération homme-femme au travail tout en consacrant des moyens importants à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Progresser en ce sens nécessite forcément d’âpres luttes pour une autre orientation de l’argent au service du plus grand nombre. Elle oblige aussi à refonder notre République pour que les citoyens disposent de droits et de pouvoirs nouveaux.

Cela exige une action en profondeur pour que la France parle d’une voix indépendance dans la nouvelle géopolitique mondiale qui se dessine. Une France active pour prévenir et empêcher les conflits, pour le désarmement nucléaire, la paix et la coopération.

Une France active pour transformer la construction européenne en une union des nations et des peuples souverains associés et libres – à l’opposé de l’actuelle intégration européenne soumis aux intérêts du capital et de la domination américaine.

[…]

Les milieux les plus favorisés ne s’y trompent pas. Cet électorat se rend quatorze fois plus aux urnes que celui des familles populaires. Ils créent ainsi un rapport de force en leur faveur.


Ne nous trompons pas ! L’abstention populaire est encouragée par le complexe médiatico-sondagier qui annonce jour après jour les résultats du premier tour, comme si les jeux étaient faits d’avance. Ils instillent ainsi l’idée que cette élection ne comptera pour rien puisqu’elle va répéter le même scénario qu’en 2017. Les entreprises de sondage deviennent des prescripteurs de vote.

Pas la peine d’aller voter, braves gens, annoncent-ils de concert, puisque le résultat de l’élection est déjà fait.

De ce point de vue, la presse nationale macronienne dominicale de la fin de semaine dernière puis au cours de la semaine la presse sociale-démocrate est édifiante. Elle organise ouvertement le duel Macron-Le Pen. Ce scénario que rejette une majorité de nos concitoyens.

L’objectif de cette manipulation est de mobiliser les électorats macronistes et d’extrême-droite tout en poussant la partie de l’électorat, qui rejette ces institutions anti-démocratiques de personnalisation du pouvoir, à ne pas s’exprimer par le vote puisque les jeux seraient déjà faits.

Ajoutons qu’au refus de débat contradictoire s’ajoute un comportement exécrable des journalistes qui interrogent les candidats. Jamais ils ne laissent un exposé, une démonstration aller jusqu’au bout. Leurs coupures et leurs questions sont bien souvent plus longues que les réponses des candidats.

Nombre d’entre eux transpirent le mépris vis-à-vis de plusieurs candidats. Nombre d’entre eux veulent décider de la politique au lieu de faire débattre de la politique ou de l’économie. Il fallait entendre vendredi le ton sentencieux de M. Lenglet, sur RTL interrogeant Fabien Roussel sur les emplois publics qu’il propose de créer. Son seul souci : mais comment allez-vous faire pour payer pour défendre la grosse cagnotte des capitalistes ?

Si on écoutait ces gens-là, la France ne se serait jamais relevée des destructions de la Seconde Guerre mondiale et la pandémie nous aurait tous réduits à la mendicité. D’ailleurs avant la pandémie, il n’y avait pas d’argent. Pourtant, les robinets du « quoiqu’il en coûte » se sont ouverts jusqu’à bafouer (et c’est tant mieux) les statuts de la Banque centrale européenne et ridiculiser les imbéciles critères des traités européens.

[…]

Cette orchestration du débat politique vise, dans le cadre de l’élection, l’effacement de tout projet de rupture politique, sociale, écologique, tant les programmes des droites et des extrêmes-droites sont proches les uns des autres. Et l’extrême-droite plus dangereuse que jamais de repoussoir pour sauver le soldat président.

Maintenant, voici le prétexte totalement fallacieux, de la nécessité d’élire un Président « protecteur » de la nation en cette période où la folle guerre du maître du Kremlin angoisse et inquiète tout un chacun.

Le seul protecteur de la nation est le peuple uni et éclairé grâce aux débats démocratiques, publics, parlementaires, sur la base d’une action et d’une voix indépendantes de la France en faveur de la sécurité et de la paix.

[…]


La lettre du 02/04/2022 de Patrick Le Hyaric. (Extrait source – Lecture libre)


2 réflexions sur “Mobilisation pour le vote

  1. bernarddominik 04/04/2022 / 08:48

    C’est le front populaire qui a créé l’ONIC dont le but est d’acheter des céréales en périodes de surproduction et de les revendre en période de mauvaises récoltes, idem pour l’ONIOL pour les oléagineux.
    Ce système ingénieux a permis de réguler les prix. Depuis Chirac des réorganisations ont mis à mal les moyens de ces organismes et la mondialisation, l’absence de protection du marché intérieur a rendu difficile leur mission. Le siège marseillais était à côté de mon bureau.

    En ce qui concerne le duel attendu Macron Le Pen, le risque de Macron, c’est que la gauche ne vote pas ou vote blanc, son pari du front républicain tomberait à l’eau et ses seuls soutiens face à la droite dure risqueraient de ne pas suffire.
    En ce qui me concerne, je voterais blanc, mais je connais des personnes de gauche qui voteront plutôt Le Pen, car ils ne supportent pas la suffisance et l’hypocrisie de Macron, tout autant que sa tendance à « sucer » les milliardaires.

  2. jjbadeigtsorangefr 04/04/2022 / 09:52

    Le sentiment d’impuissance est complaisamment entretenu et le « ça sert à rien » alimenté par la méconnaissance des programmes tous éléments favorables à l’abstention.

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