Macron : c’est du pognon pour les patrons

Qui sont les perdants du Covid?

Il y a les morts, 140 000 en France depuis le début de l’épidémie, plus de 100 par jour en ce moment, mais on s’en fiche, vive le printemps et les bisous !

Il y a aussi les dizaines de milliers de « Covid long », ainsi que toutes ces personnes qui n’ont pas été diagnostiquées ou opé­rées à temps, avec des conséquences irrémédiables sur leur santé.

La faute de Roselyne Bachelot, Martin Hirsch, Marisol Touraine, Agnès Buzyn et Olivier Véran, si fiers de fermer des lits.

La faute ensuite aux antivax, qui, en remplissant les salles de réa, ont fait perdre des chances de vie à tant de gens, cancéreux, accidentés, qui n’avaient rien demandé.

Mais, avec le Covid, il y a aussi plein de gagnants. Oxfam ne cesse de produire des rapports expliquant que les milliardaires se sont enrichis comme jamais durant l’épidé­mie.

Or si Uber, Zoom et Amazon ont pu autant prospérer, c’est parce que nous avions de l’argent à dépenser. Et, pour beaucoup d’entre nous, cet argent était public, par exemple celui du chômage partiel. L’occasion de rappeler qu’à toute dépense publique correspond une recette privée.

Labos et centres d’analyses médicales se sont aussi gavés. Mais eux, au moins, ils ont travaillé. Alors que les restaurants n’ont jamais aussi peu bossé qu’en 2021, mais… ils n’ont jamais autant gagné ! Ah, on nous a bien fait pleurer sur ces jeunes couples qui venaient de s’installer, ces travailleurs acharnés qui allaient perdre l’affaire de leur vie.

Mais les faits sont là, comme le montrent Étienne Fize, Hélène Paris et Marion Rault, trois économistes rattachés au Conseil d’analyse économique (CAE), organisme placé auprès du Premier ministre, après de longs, précis et méticuleux calculs. Dans l’hôtellerie et la restauration, il y a aujourd’hui beaucoup plus qu’auparavant d’entreprises en «bonne », voire en «très bonne» situation financière,.

Autres gagnants de la crise : les riches.

Étudiant l’épargne des ménages, les grosses têtes du CAE constatent que les 10 % de ménages les plus aisés ont vu leur épargne très fortement augmenter. À cause de la chute forcée de la consommation, bien sûr.

Mais également grâce à l’envolée des cours de Bourse. Car le CAC 40, l’Euro Stoxx 50, le Dow Jones et le Nasdaq 100, dont le fonctionnement vous est familier, ont bondi en 2021.

Ce qui est rigolo, c’est que, déjà en octobre 2021, France Stratégie, autre organisme rattaché à Matignon, avait dézingué l’entièreté de la stratégie économique de Macron pré ­Covid, en montrant que la suppression de l’ISF et la baisse de la fiscalité sur le capital n’avaient atteint aucun de leurs objectifs.

  • Y a-t-il eu plus de croissance? Non. Plus d’investis­sements des entreprises ? Non plus.
  • Plus d’investissements dans les PME de la part des anciens assujettis à l’ISF? Toujours pas.
  • Les transmissions d’entreprises, soi-disant empêchées par le méchant ISF, ont-elles été facilitées? Eh, eh, non plus.
  • Par contre, il y a une heureuse nouvelle : les dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires ont, eux, fortement augmentée. Aaahhh, on se sent mieux d’un coup, non?

Bref, Macron a utilisé l’État pour ses amis entrepreneurs comme personne avant lui. Et grâce à la qualité de nos statistiques publiques et aux recherches effectuées au sein d’institutions publiques, indépendantes, tout est sur la table, tout le monde sait, gratuitement, sans effort.

Le bilan économique de Macron est clair et simple : un État toujours plus pauvre, des riches toujours plus riches. Qui osera dire qu’il a échoué ?


Jacques Littauer. Charlie hebdo. 30/03/2022


  1. «Quelle situation financière des entreprises et des ménages deux ans après le début de la crise Covid » (CAE, Focus no 83, mars 2022).
  2. «Suppression de l’ISF, « flat tax » : le « ruissellement » promis par Emmanuel Macron n’a pas eu lieu, selon France Stratégie », par Audrey Tonnelier, (Le Monde, 14 octobre 2021).

Une réflexion sur “Macron : c’est du pognon pour les patrons

  1. bernarddominik 04/04/2022 / 14:38

    Pour les cours de la bourse, ils n’ont pas atteint ceux de 2019.
    Si l’on part du plus bas niveau au pire de la covid, c’est sûr qu’ils ont fortement augmenté, mais rappelons que cours de bourse et revenus sont différents. Ce qui est tangible et réel ce sont les dividendes.
    Pour le reste, c’est vrai que Macron nous a rajouté 600 milliards de dettes dont les 2 tiers au profit des patrons, certains ont reçu des indemnités (les assureurs par exemple) sans avoir perdu un € à cause de la covid.
    Il s’agit bien d’un détournement de fonds publics et Macron le sait, il ne peut être poursuivi, car le CC (Conseil Constitutionnel) a une analyse de bandit de la constitution.

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