Le quoi qu’il en coute… lui coutera-t-il sa réélection !

De moins en moins de services publics ; ben, tiens, mec v’là l’resultat…

Le rapport du sénat sur l’« influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques »

 dévoilé le 17 mars 2022, dénonce leur emprise « tentaculaire ». Et réserve un traitement de choix à l’entreprise américaine McKinsey.

Exemples de son omniprésence ?

En 2019 et en 2020, la firme est intervenue pour « aider la Caisse nationale d’assurance-vieillesse à se transformer » en vue de la réforme (avortée) des retraites : une prestation facturée 957 674 euros à l’Etat.

Au même moment, d’autres têtes bien faites du cabinet planchaient, elles, sur la « sécurisation du déploiement de la réforme des aides personnalisées au logement (APL) » et empochaient 3,88 millions d’euros dans la foulée.

Mais c’est bien au plus fort de la crise du Covid que le cabinet a touché le jackpot : 12,33 millions pour l’organisation logistique et le suivi de la campagne vaccinale. Piquant !

Impôt-aux-roses

Détail abracadabrantesque révélé par les sénateurs : alors que le chiffre d’affaires français de McKinsey atteignait 329 millions d’euros en 2020 (dont 5 % dans le secteur public), le cabinet n’a pas versé le moindre centime d’impôt sur les sociétés « depuis au moins dix ans ».

La clé ? Un montage « caricatural d’optimisation fiscale ».

Pour Bercy, tout l’enjeu est désormais de vérifier que « la réglementation n’a pas été contournée » par la boîte.

En attendant, se replonger dans les rapports qui ont fait la réputation de McKinsey peut être savoureux. Dans l’un d’eux, publié en juillet 2019 et pompeusement intitulé « La confiance à l’épreuve des grandes mutations économiques », le cabinet s’inquiétait de la défiance grandissante des Français dans leur… « perception de l’impôt » !

« La redistribution — via les prélèvements et les transferts suppose que les administrés considèrent les besoins de leurs concitoyens comme motivés et légitimes, moralisaient nos ex­perts. Or on peut observer une relative érosion du consentement à cette redistribution. »

Un phénomène inquiétant, car les « attentes particulièrement aiguës » des citoyens en matière de services publics impliquent de « dégager des ressources ».

Et de conclure : « C’est pourquoi une convergence des efforts pour refonder la confiance paraît urgente ; efforts auxquels les entreprises ont vocation à contribuer pleinement. » En prenant exemple sur McKinsey ?


Clara Bamberger. Le Canard enchaîné. 23/03/2022


2 réflexions sur “Le quoi qu’il en coute… lui coutera-t-il sa réélection !

  1. bernarddominik 31/03/2022 / 09:01

    Pourquoi personne ne l’avoue: passer par des cabinets de conseil montre l’incompétence de la centaine de conseillers qui entourent Macron et ses ministres, et au vu des rapports c’est la compétence même du président dans sa capacité à évaluer la valeur des rapports qui est mise en cause. Donc l’état (nous) paye des organismes publics (inserm insee une centaine d’observatoires) des conseillers et malgré tout ce beau monde il faut faire appel à des cabinets privés américains qui en plus connaissent mal le fonctionnement du pays? Quelle somme d’incompétences à la tête du pays!

  2. jjbadeigtsorangefr 31/03/2022 / 09:33

    Faire du pognon c’est le but et il est largement atteint, 5€ de moins pour les allocataires du RSA on sait maintenant à quoi ça a servi !
    Vous ne voyez pas? Il faut bien rétribuer McKinsey ………

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