Le vote 2022 sera pour le social et le changement de société.

Le vote 2022 sera autant anti-Macron, qu’anti-extrême-droite.

En refusant tout débat avec ses concurrents, le candidat-président traite avec mépris notre démocratie. Mieux, lors de son long monologue de présentation de son programme de continuité dans la régression sociale et démocratique, il a signifié pendant quatre heures, aux journalistes présents qu’il n’y avait que lui et eux.

Fort de la parole magique des sondages, il souhaite laisser ses concurrents ou adversaires s’entredéchirer pour une place qu’il considère subalterne, soit la seconde ou troisième place, en nourrissant l’espoir de la reproduction du duel de la précédente présidentielle.

Procéder ainsi revient à étouffer la vie démocratique. En se plaçant ainsi en surplomb, en refusant ces débats publics, il aggrave encore la crise démocratique alors que le monde est en plein bouleversement et notre société face à des choix cruciaux.

Le pays sort essoré par les deux quinquennats passés, secoué par de multiples crises. Une majorité de nos concitoyens sont inquiets pour l’avenir. Et la folle guerre déclenchée par le sinistre maître du Kremlin renforce encore les angoisses et les peurs.

Le Président de la République en profite pour se présenter comme le grand et seul protecteur de la nation, tout en annonçant du sang et des larmes. Et il faut toute l’intelligence politique de la candidate de la droite officielle pour clamer que M. Macron copie l’intégralité de son programme. Ce qui au demeurant est vrai. Et donc, par la même occasion, cela invite de plus en plus d’électrices et d’électeurs de droite à lâcher leur candidate naturelle en rase campagne pour recourir au vote de l’usurpateur en chef. Cela dit exactement le nom de la politique qu’il va continuer de mettre en œuvre !

Sur l’autre versant, d’anciens ministres socialistes, de M. Chevènement, de l’ancien maire de Paris qui avait pourtant proposé Mme Hidalgo pour lui succéder, appellent les électeurs socialistes à reconduire avec plus de force, le locataire de l’Élysée.

À la manette, le président organise la décomposition du paysage politique français et relance le faux duel « progressistes » contre « nationaux populistes » des droites extrêmes. Il veut ainsi installer durablement, au bénéfice des puissances d’argent et de leur système, ce clivage manichéen en lieu et place de l’opposition entre le travail et le capital. Les puissants pourront ainsi dormir tranquilles.

C’est aussi, dans un autre genre, le projet de M. Zemmour. Il s’agit de faire accepter aux classes populaires, une alliance artificielle avec le capital pour mettre ce dernier à l’abri de toute mauvaise surprise.

Pour accélérer ce pourrissement, M. Macron pourrait, une fois réélu, aller jusqu’à dissoudre l’Assemblée nationale pour avancer les élections des députés et accorder l’investiture à d’actuels députés de droite et socialistes voulant sauver leur place après le naufrage de leurs partis respectifs.

Il ouvrirait ainsi la voie à une nouvelle recomposition sur le modèle nord-américain sous l’égide de la monarchie présidentielle. Les authentiques progressistes se réclamant de la gauche ne peuvent laisser faire cela en s’abstenant à l’élection présidentielle. La progression des candidats de gauche, notamment avec le vote communiste, est un moyen de construire un pôle solide contre ces projets. Est-ce impossible ? Le moment politique est inédit et truffé de contradictions.

Une large majorité de nos concitoyens refuse un duel similaire à celui des précédentes présidentielles au second tour. Ils ont vu qu’en guise de barrage, l’extrême-droite en sortait renforcée jusqu’à se dédoubler dans un nouveau canal ouvertement porto-fascisant.

Le candidat-président prétexte la guerre contre l’Ukraine pour refuser tout débat. Mais chaque entretien téléphonique du président avec M. Poutine et M. Zelenski devient un moment de la campagne électorale du candidat.

S’il voulait une réelle avancée diplomatique, il tenterait, comme président du Conseil européen, de réunir avec le secrétaire général de l’ONU, une prémisse de conférence sur la sécurité en Europe, en invitant à la table Russes et Ukrainiens, et en permettant aux pays du G7, à la Chine, l’Inde et à l’Union africaine d’en être observateurs associés.

Cette guerre sur le sol européen exacerbe des enjeux d’importance vitale pour l’avenir de la France : envolée des prix et pouvoir d’achat, indépendance énergétique, sécurité alimentaire, souveraineté industrielle dans le cadre d’une nécessaire transition sociale et écologique, lutte contre la spéculation sur les matières premières, sécurité collective, désarmement et paix.

Il est urgent de redessiner les cadres de coopération pour l’industrie et l’agriculture, le déploiement de nouveaux services publics, la transformation écologique des productions pour la santé et les sécurités humaines. Autant de grands défis qui nécessitent des débats ouverts, de telle sorte que nos concitoyens puissent y participer et étayer leur propre opinion.

Au lieu de cela, M. Macron veut obtenir par le vote de nos concitoyens, une carte blanche afin de poursuivre sa guerre sociale contre les travailleurs et les services publics.

Carte blanche pour aggraver l’austérité sur la carte bleue et réduire les droits vitaux de la carte verte.

Les sujets de débats sont nombreux. Allongement de la durée du travail jusqu’à ce que mort s’ensuive ou droit effectif à la retraite à 60 ans (quand on sait que le quart des personnes les plus pauvres meurent aujourd’hui avant 62 ans). École publique et laïque d’émancipation pour tous ou mise en concurrence des écoles d’un quartier à l’autre, d’une ville à l’autre. Exploitations des enseignants ou accès égal de tous les enfants au savoir, au sport et aux arts.

Travail forcé avec un RSA contre l’acceptation de n’importe quel emploi ou application réelle du droit constitutionnel d’une garantie au travail pour chacune et chacun. Accroissement des inégalités et de la pauvreté ou SMIC à 1 900 € brut. Laissez-faire capitaliste ou initiatives coordonnées avec les autres pays de l’Union européenne afin de stopper la spéculation sur les matières premières, bloquer les prix des produits de haute nécessité. Continuer à favoriser les grands actionnaires et le capital ou impulsion des investissements pour refonder nos systèmes de santé, pour une école de la République actrice de l’égalité et pour impulser un nouveau modèle de développement humain.

Ce sont de tels axes d’un autre projet de société que porte le candidat Fabien Roussel. Une mobilisation encore plus grande des classes populaires en sa faveur, dans un mouvement de progression de toutes les forces de gauche, pourrait subvertir le scénario que veut imposer M. Macron. L’enjeu est dans la progression de toute la gauche pour modifier le rapport de forces en faveur du monde du travail et de la création. Voilà qui serait efficace !

Pour un ouvrier, pour un privé d’emploi, pour une famille qui ne peut plus finir son mois, étouffée par les hausses de prix, pour un enseignant qui refuse la concurrence scolaire, pour un chercheur privé de moyens, pour le créateur ou le journaliste qui refuse l’uniformisation de notre société à la mode nord-américaine, pour un paysan qui veut sortir de la spirale de l’endettement, pour un retraité dont la pension est sans cesse grignotée, s’abstenir le 10 avril reviendrait à voter… contre soi. Alors citoyennes et citoyens, aux urnes !


La lettre du 26/03/2022 – Patrick Le Hyaric. Source (Extraits-Lecture libre)


Une réflexion sur “Le vote 2022 sera pour le social et le changement de société.

  1. jjbadeigtsorangefr 27/03/2022 / 21:03

    POUR LA DÉMOCRATIE ET LE PARTAGE DES RICHESSES? pour des jours heureux et en finir avec le règne du fric Roussellons …….

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