Ukraine : les insomnies de Macron

En principe mieux informé (il faut au moins l’espérer !) que les anciens généraux qui pérorent à longueur de journée sur les chaînes d’info en continu, Emmanuel Macron a fait le point sur la guerre en début de semaine, devant quelques intimes.

  • Un : Poutine n’entamera aucune négociation sérieuse avant de s’être emparé des grandes villes ukrainiennes.
  • Deux : selon les services secrets, l’armée russe connaît de gros problèmes de logistique dans son offensive, qui devait être fulgurante.
  • Trois : paradoxalement, l’ampleur de la résistance de l’armée ukrainienne et de la population fait craindre le pire, à savoir des bombardements de type Grozny ou Alep. Ce qui se passe à Marioupol est terrifiant. « C’est un massacre ! s’est écrié le chef de l’ Etat. Les civils sont clairement ciblés. C’est la logique de la terreur. »
  • Quatre : l’appel aux renforts tchétchènes et syriens (assez peu connus pour leurs considérations humanitaires est également terrifiant, de même que l’utilisation possible d’armes biologiques et chimiques).
  • Cinq : il faut craindre une fuite en avant du président russe, que la résistance ukrainienne a mis en fureur et qui sait aujourd’hui que l’image de la Russie est durablement atteinte dans les opinions publiques…

« Nous ne cessons d’expliquer à Poutine, a embrayé Macron, qu’il n’y a pas d’issue militaire en Ukraine. Il peut gagner les villes, mais il n’arrivera pas à tenir le pays, même au prix d’une occupation militaire d’un prix extravagant. »

Conclusion du même : « Il faut beaucoup de sang-froid pour éviter une escalade mondiale. »

Seul point positif à retenir : la Chine, que Poutine cherche à entraîner dans sa croisade, fait officiellement preuve, pour le moment, de modération.

« Pourvou qu’ça doure !» comme disait Letizia Bonaparte, la mère de Napoléon.


Article non signé lu dans le Canard Enchainé. 16/03/2022


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