Bien dangereux le V.B., mentor de E.Z.

Parce qu’il est plus sournois et ne se met pas réellement en avant, mais place ses affidés dévoués « collaborateurs ».

[Vincent Bolloré arpente les sous-sols du Sénat ce 19 janvier 2022 en fin d’après-midi convoqué devant la commission d’enquête sur la concentration dans les médias lancée à l’initiative des sénateurs socialistes].

Sa parole est rare, surtout depuis 2015 et sa reprise en main brutale de Canal+, d’i>Télé (devenue CNews) et, plus récemment, d’Europe 1. Surtout, c’est sa dernière sortie « officielle » avant la transmission de son empire à ses enfants.

Des années qu’il rabâche qu’il passera la main ce 17 février 2022 (il a même installé il y a quelques années un compte à rebours sur son téléphone mobile, qu’il montre à tous ses visiteurs). Pourquoi cette date?

« Les 200 ans de la création du groupe », répète-t-il à l’envi.

 […]

La première usine Bolloré, la papeterie d’Odet (qui se spécialisera par la suite dans le papier fin (papier bible, sachets de thé, papier à rouler…), y a été créée en 1822.

Un groupe familial proche de la faillite au début des années 1980 qui, sous l’impulsion et le talent en affaires de Vincent, s’est depuis largement diversifié et pèse aujourd’hui près de 25 milliards d’euros : transport, logistique; concessions portuaires en Afrique (activités en cours de cession pour 5,7 milliards d’euros), batteries électriques, la pub avec Havas, les jeux vidéo avec Gameloft et, bien sûr, les médias.

En moins de dix ans, Vincent Bolloré a constitué un véritable empire médiatique, le premier en France.

Principal actionnaire de Vivendi, il est aujourd’hui à la tète de Canal+, C8, CNews, les magazines Capital, Télé Loisirs, Gala, Géo… Après le raid lancé sur Lagardère et l’OPA de septembre 2021, il a déjà mis sous sa coupe Europe 1. Et bientôt Le JDD et Paris Match, deux vecteurs majeurs d’influence?

En pleine campagne présidentielle, les équipes attendent la suite dans un mélange de fébrilité et d’inquiétude.

Tout comme chez Hachette Livre, ultime joyau de Lagardère et numéro I français de l’édition (Grasset, Fayard, Stock, Larousse, Lattès…), qui tombe dans l’escarcelle de Vivendi, déjà… numéro 2 du secteur avec Editis (La Découverte, Le Cherche Midi, Le Robert, Nathan…). Une position (archi) dominante, même si Bruxelles devrait imposer certaines cessions.

Cette force de frappe médiatique et éditoriale pèse (très) lourd dans le paysage, et donc dans le débat public pendant la campagne présidentielle. Surtout quand on voit ce que l’actuel candidat à l’Élysée Éric Zemmour doit à sa surexposition sur la chaîne d’information ultra conservatrice CNews depuis plusieurs années.

«  […] Vincent Bolloré a un projet politique, mais orienté bien plus à droite… Il est aujourd’hui l’équivalent d’un Murdoch ou d’un Berlusconi. ».

Ce que dément pourtant l’intéressé. « Notre intérêt [dans les médias, ndlr] n’est pas politique, il n’est pas idéologique, c’est uniquement un intérêt économique», a juré Vincent Bolloré devant les sénateurs le 19 janvier 2022, qui ont fait semblant de le croire.

Une déclaration quelque peu contredite trois jours plus tard par… Éric Zemmour lui-même, sur l’antenne de LCI. « Je sais que, pour en avoir discuté avec lui, Vincent Bolloré est très conscient du danger de civilisation qui nous guette, de remplacement de civilisation. […I Il a un sentiment de mission. C’est très noble chez lui. » C’est dit. Pendant son audition, le milliardaire breton lâchera tout de même quelque sympathie pour le roman national, Clovis et Charlemagne.

À presque 70 ans — il les fêtera le 1er avril prochain, ce catholique tradi va-t-il mettre l’ensemble de son empire médiatique au service de cette « mission » ? Certains le redoutent. « On a vu ce qu’il s’est passé aux États-Unis, avec la Fox News de Rupert Murdoch ou le groupe Sinclair Broadcast, qui a racheté de nombreuses télés locales, qui sont devenues autant d’antennes pro-Trump et ont porté sa candidature à la présidence, relève l’économiste Julia Cagé, autrice d’un livre qui milite pour une évolution des règles renforçant l’indépendance des médias et des journalistes.

Vincent Bolloré soutient un candidat qui est antirépublicain et contre l’État de droit, et représente une vraie menace pour la démocratie. Il a déjà mis CNews, C8 et Europe 1 au service de ses idées, il n’y a pas de raison qu’il s’arrête. » Au grand dam de l’Élysée, qui aurait préféré que l’empire Lagardère revienne plutôt à Bernard Arnault, le pdg de LVMH et propriétaire des Échos et du Parisien, bien plus « Macron-compatible ».  […]

Que pourraient faire les pouvoirs publics pour contrarier cette marche en avant? C’est tout l’enjeu de la commission d’enquête sénatoriale en cours sur la concentration dans les médias.  […]


Richard Sénéchoux. Télérama. N°3762 – 16/02/2022


La retraitée Bolloré… le retour !

Il devait prendre sa retraite cette semaine, mais, plus la date approche, plus le départ recule !

Le 17 février 2022 devait acter des adieux de Vincent Bolloré passant les affaires à ses enfants. Toute la planète en était formée, les employés devaient montrer combien ils regrettaient le départ de leur patron, un stock de mouchoirs était prévu, de même que de la clairette de Die pour fêter l’événement (pas question de fêter ça au champagne détenu par son concurrent le plus direct).

Que tout le monde se rassure il ne parle plus ! Le compte à rebours s’est arrêté net. Le grand raout prévu dans le berceau familial d’Ergué-Gabéric est repoussée à juillet… voir plus si affinités.

Vincent a largué ses affaires africaines, refiler la tête du groupe familial à son fiston Cyril, l’plus Inès des médias et de la pub au petit Yannick lequel préside le conseil de surveillance de vie vendit, et le reste de l’empire à Sébastien et Marie…

mais papa conserve la fête de la financière de l’eau des, actionnaire majoritaire du groupe Bolloré, et conseil toujours son fiston Yannick chez vie vendit, où il jouit du titre officiel de « censeur » qui lui va comme un gant.

Bref , le célèbre retraité va continuer de tirer les ficelles pendant des années.


C.N. Le Canard Enchainé – 16/02/2022


2 réflexions sur “Bien dangereux le V.B., mentor de E.Z.

  1. jjbadeigtsorangefr 17/02/2022 / 20:37

    Le médiavore richissime promeut ZEM merde au nom de Dieu sûrement.