Une candidate de plus

Loin d’être rassurant dans un premier temps.

Ce dimanche, le casting des présidentiables de gauche s’est enrichi d’une nouvelle candidate. Il est encore trop tôt pour mesurer l’éventuel effet de souffle de la désignation de Christiane Taubira par une « primaire populaire » forte de 390 000 votants, mais, pour l’instant, c’est une candidate de plus. Si l’équation devait en rester là, cette primaire dont l’objectif était d’unifier la gauche : n’est aujourd’hui qu’un facteur aggravant les divisions.

Dans l’attente d’y voir plus clair, les participants à la primaire peuvent toujours ruminer ces vers de Brassens en contemplant le tableau des candidatures à gauche : « Vulgairement parlant il est plein comme un œuf / Et d’ici que quelqu’un n’en sorte »… Ses organisateurs plaideront que c’est la faute des perdants qui n’ont jamais accepté de se plier à ses règles. Mais peut-on blâmer ceux qui n’ont jamais demandé à concourir ?

Lancée en dehors et sans le soutien des formations politiques par des personnes soupconnables de parti pris politique et représentif comme d’interets personnels, la « primaire populaire » a enrôlé plus ou moins contre leur gré des candidats désignés par ces dernières qui n’en reconnaissent pas le résultat – A part C. Taubira, cherchez l’erreur !

Reste l’obstacle principal, celui du projet commun à gauche, sur lequel la primaire a échoué parce qu’elle s’est évertuée à le traiter comme une question subsidiaire.

En réalité, la gauche n’est pas morcelée du fait de la guerre des ego, même si ceux-ci pèsent lourd, mais par des divergences programmatiques que l’on ne surmonte pas en les noyant dans l’eau tiède de dix propositions vaguement consensuelles.

Si l’on perçoit peu de différences sur le fond entre les convictions sociales-démocrates d’Anne Hidalgo et celles de Christiane Taubira, il n’en va pas de même entre le projet libéral-écologique de Yannick Jadot, celui éco-socialiste radical de Jean-Luc Mélenchon, et celui d’une gauche anticapitaliste, républicaine et laïque de Fabien Roussel.

Sans renoncer à l’unité dont les législatives peuvent être le point de mire, le débat doit se poursuivre entre ces projets. L’élection présidentielle sera un moment de cette clarification des idées.


Sebastien Crépel


2 réflexions sur “Une candidate de plus

  1. bernarddominik 31/01/2022 / 20:17

    Difficile de placer Taubira à gauche, élue contre les socialistes en Guyane, soutiens de Balladur et de sa politique de privatisations et démantèlement des services publics. Son premier discours vise les classes aisées mais non riches. Pas idiot ceux là votent. Mais voteront ils pour rlle? Mais son bilan de ministre de la justice ne plaide pas pour elle.

  2. Danielle ROLLAT 31/01/2022 / 21:16

    Un vrai coup fourré !

    Il est surprenant et étrange que des personnes apparemment de bonne foi soient tombées dans ce simulacre de consultation bâclée. S’il devait y avoir consultation, elle devait être clairement annoncée dès le départ, concerner l’ensemble des candidats potentiels de gauche, qui auraient tous exposé publiquement leurs programmes, et une plateforme commune aurait été ensuite proposée.

    A ce jour, le programme de Madame TAUBIRA n’est pas connu = mauvais début, mauvais scénario, nouvelle candidature de gauche : les adversaires politiques sont ravis, pas nous, nous ne sommes plus en 2002 !