La crise sanitaire favoriserait la cybercriminalité

En février 2021, le cabinet d’expertise-comptable CDER a été victime d’une escroquerie [appelée communément, la] « fraude au président » de presque 15 millions d’euros.

Il s’agit du plus gros préjudice financier jamais enregistré sur le territoire français pour des faits de la sorte. Ce type de criminalité s’est considérablement accru du fait de la digitalisation des rapports économiques et plus récemment du contexte de la crise sanitaire liée au Covid-19. Cette délinquance astucieuse érige la cybercriminalité en une menace prépondérante. Aux États-Unis, en avril 2021, le patron de la FED, la banque centrale américaine, en a fait un risque majeur pour l’économie et s’est déclaré « plus inquiet du risque d’une cyberattaque à grande échelle que d’une crise financière semblable à celle de 2008 ».

De quoi parle-t-on ?

La « fraude au président » est une escroquerie2 relevant de la catégorie des faux ordres de virement international (FOVI). Concrètement, elle « fait intervenir un imposteur se faisant passer pour le dirigeant d’une société qui exige d’un employé du véritable dirigeant de l’entreprise un versement rapide et confidentiel d’une somme d’argent sur un compte à l’étranger ».

Plus précisément, le fraudeur peut se présenter comme le président de la société ou comme son avocat et va ainsi : « contacter sa cible par téléphone et/ou mails et mettre en place tout un système de communication reposant sur le recours à de fausses adresses de messageries présentant de grandes similitudes avec les adresses concernées ».

Afin de parvenir à ses fins, le fraudeur va utiliser les failles identifiées préalablement de l’entreprise ciblée en les utilisant à son avantage par une ingénierie sociale très sophistiquée.Dès lors, le fraudeur s’infiltre dans les interstices de l’entreprise et découvre des informations confidentielles et utiles à son forfait. Il est alors en capacité d’utiliser des informations, comme un déplacement ou un congé prévu par le président de la société, pour mieux les mobiliser contre l’entreprise victime en se faisant passer pour lui. Il cherchera aussi le moment opportun pour être confronté à un adjoint, sachant que le responsable financier est en congés.Il pourra ainsi prétexter« la signature urgente d’un contrat stratégique – à partir duquel – l’usurpateur demande d’effectuer rapidement le virement bancaire ».


Vincent Le Trouher, chargé de mission lutte contre la fraude, auteur de « droit pénal des affaires et groupes de sociétés. une souplesse propice aux infractions et à l’impunité » (L’HARMATTAN). Titre original : « LA CRISE SANITAIRE MONDIALE, UN CONTEXTE FAVORABLE À LA CYBERCRIMINALITÉ / Janvier 2022 »- Source IRIS (L’intégralité du rapport en PDF, un clic sur le lien-Lecture libre) https://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2022/01/Obs-Criminalit%C3%A9s-internationales-Janvier-2022.pdf


3 réflexions sur “La crise sanitaire favoriserait la cybercriminalité

  1. bernarddominik 28/01/2022 / 13:10

    Très intéressant. On ne peut plus faire confiance à personne! Un monde fou fou fou…

  2. jjbadeigtsorangefr 28/01/2022 / 19:11

    Plus fort que les requins eux-mêmes.
    Mais ce qui se voie moins ce sont les petites sommes qui sont retirées sur le compte de madame ou de monsieur « tout le monde » du fait du développement du paiement contact par carte…

Laisser un commentaire