Internet et ses chants d’influences !

En provenance de l’étranger et destinées à polluer la/les politique-s : fausses révélations, infox, tweets et retweets sont leurs armes. Internet, le champ de bataille.

Pour contrer toute ingérence de puissances étrangères dans les élections, l’État s’est doté de Viginum. Une agence de lutte contre la manipulation en ligne.

Science fiction : 16 avril 2022 : entre les deux tours d’une présidentielle irrespirable marquée par la violence, un mystérieux compte Twitter se met à éventer des milliers de correspondances secrètes entre les cabinets ministériels du gouvernement sortant. L’incendie devient vite incontrôlable. L’entourage du président hurle à la contrefaçon, dépose plainte contre X, mais dans un climat de défiance généralisée, le mal est fait. Nul ne connaîtra jamais le poids de ces révélations opportunistes dans l’issue du scrutin, pas plus que l’origine du scandale, mais Emmanuel Macron perd sur le fil, pour un demi-point, et l’extrême droite entre à l’Élysée dans le chaos.

Pour éviter ce type de scénario catastrophe et d’éventuelles attaques de plus faible intensité à la veille de la présidentielle, l’exécutif vient d’installer un « service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères » (Viginum). Placée sous l’autorité du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), rattachée à Matignon, cette nouvelle agence a pris ses quartiers dans les locaux du Commissariat à l’énergie atomique, dans le 15e arrondissement. Une grosse vingtaine de recrues, chercheurs en géopolitique, data scientists ou experts en réseaux sociaux ont déjà rejoint « cette structure horizontale, en mode projet », et ils devraient être une cinquantaine d’ici la fin de l’année, dotés d’un budget estimé à 12 millions d’euros. Aux manettes, un conseiller de la Cour des comptes et, à la direction des opérations, un ancien du renseignement intérieur.

Compétition stratégique acharnée entre États

Hier, on se faisait la guerre sur terre, en mer, dans les airs. Aujourd’hui, le champ de bataille est informatique, informationnel. Les fantassins sont invisibles, faiblement éclairés par la lumière bleue de leur écran d’ordinateur. À l’heure d’une compétition stratégique acharnée entre les États, Viginum doit donc servir de mirador.

Un décret, publié au Journal officiel le 9 décembre 2021, précise le périmètre de son action.

Sous le contrôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), le service peut exploiter les données publiques des plateformes cumulant au moins cinq millions de visiteurs uniques par mois.

Objectif : « [détecter] les opérations impliquant un État étranger ou une entité non étatique étrangère, et visant à la diffusion artificielle ou automatisée, massive et délibérée, d’allégations ou imputations de faits manifestement inexactes ou trompeuses de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

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Olivier Tesquet. Télérama. Titre original de la revue : « C’est la guerre sur la toile » – titre du net : « Viginum, l’agence française pour se défendre en cas de guerre sur la Toile ». Source (extraits)


2 réflexions sur “Internet et ses chants d’influences !

  1. bernarddominik 27/01/2022 / 17:20

    Une agence de censure de plus, qui la contrôle ? Macron…

  2. Libres jugements 28/01/2022 / 00:23

    Rassurez vous, dans le titre, « ses chants » est bien voulu dans le sens chanson-rengaine utilisée constamment sur les réseaux sociaux, pour lancer des fake news. MC

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