Cherchez l’erreur

Sont-ils indispensables pour gouverner, les cabinets de conseil privés ?

Durant la première année de la crise sanitaire, le gouvernement aurait dépensé 628 millions d’euros auprès de consultants privés.

L’objectif ?

Recevoir, entre autres, un coup de main dans la mise en place de sa stratégie de lutte contre le Covid.

Mais qu’ont-ils fait concrètement ?

C’est cette question que pose sans cesse la sénatrice Éliane Assassi, dans le cadre de la commission d’enquête sur « l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques », dont elle est la rapporteure.

La réponse ?

En voici une ébauche, par la voix de Thomas London. Auditionné par le Sénat, le responsable du pôle Santé publique chez McKinsey parle de « schémas logistiques », d’« outils de pilotage », d’aide à la « task force ministérielle », avant d’avouer ne pas avoir eu « de rôle dans la définition de la stratégie vaccinale en tant que telle ». « Nous intervenons en amont de la prise de décision, pour aider à instruire celle-ci grâce à des travaux d’analyses factuelles, et en aval pour aider les responsables publics dans l’exécution », expose Karim Tadjeddine, responsable du secteur public de l’agence.

Et donc, qu’ont-ils apporté que les acteurs de l’administration publique d’une puissance comme la France seraient en incapacité de fournir autrement ?

Des « savoir-faire », à entendre les responsables, qui ont ensuite été bien en peine de justifier pourquoi McKinsey a touché 496 800 euros de la part du ministère de l’Éducation au sujet d’« études comparatives sur les systèmes éducatifs en Europe », 605 000 euros pour une « tour de contrôle stratégique » à Santé publique France, ou encore 920 000 euros pour une « prestation d’appui » auprès de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (Cnav). 

En attendant, le marché du conseil privé a doublé en moins de dix ans en France.

Et comme par hasard, Emmanuel Macron comme les candidats de droite trouvent qu’il y a bien trop de fonctionnaires dans le pays.


Aurélien Soucheyre. Source


À la lecture de cet article, nous ne pouvons que nous révolter, toutefois, il eut été beaucoup plus démonstratif de calculer en parallèle d’une part, le montant facturé par les organismes de conseil privé et d’autre part, le coût s’ils avaient été réalisé par des agents du service public. MC


2 réflexions sur “Cherchez l’erreur

  1. Danielle ROLLAT 26/01/2022 / 19:13

    Vu les grilles salariales de la Fonction Publique, il n’y a vraisemblablement pas de comparaisons possibles, même avec les indemnités liées à l’emploi. Copains, coquins…

  2. bernarddominik 26/01/2022 / 21:44

    Plutôt que d’utiliser les compétences de l’inserm spécialiste du suivi statistique des maladies, avec une expertise et des chiffres sur plus d’un demi siècle, le gouvernement et Macron préfèrent payer des agences, certes spécialistes des méthodologies et de logiciels américains mais totalement ignorants des spécificités de la santé: et on a vu le résultat des décisions prises au mauvais moment en décalage avec la réalité

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