Bruits de bottes inquiétants aux confins de l’Europe

Ukraine : doit-on craindre que la Russie envahisse le pays ?

Invités RTL – Une invasion de l’Ukraine par la Russie ne serait pas « rationnel » selon Pascal Boniface, directeur et fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et Florent Parmentier, Secrétaire général du Cevipof.

Vives tensions à la frontière ukrainienne avec la Russie : doit-on craindre un embrasement et peut-être même un conflit ouvert ? « Ce n’est pas le scénario majeur », tranche Florent Parmentier, Secrétaire général du Cevipof et auteur des Chemins de l’État de droit (Presses de Sciences Po, 2021).

« Bien sûr, le pire ne peut jamais être exclu, mais il ne serait pas rationnel de la part de Poutine de lancer une invasion, ce qui lui rapporterait beaucoup plus de difficultés que d’avantages. » Selon lui, le Président russe cherche plutôt à affaiblir l’Ukraine, but qu’il peut atteindre « par d’autres moyens que l’invasion. »

Une opinion partagée par Pascal Boniface, directeur et fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). « On peut espérer que ce soit une démarche assez classique finalement de marquer un rapport de forces afin d’être en meilleure position pour négocier », précise, l’auteur de La géopolitique tout simplement avec Anne Sénéquier (Éditions Eyrolles, 2021).

Si toutefois la Russie décidait d’attaquer l’Ukraine, l’Europe ne ferait « rien » selon Pascal Boniface. « L’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN, explique-t-il. Si la Russie attaquait la Lituanie, un pays balte ou la Pologne, il y aurait une réaction militaire de l’OTAN parce qu’ils sont liés par un traité. C’est fondamental. » Dès lors, les sanctions ne pourraient être que des sanctions économiques comme l’interruption des échanges interbancaires.


Yves Calvi & Marie Zafimehy publié le 20/01/2022 – Lu/vu dans la lettre IRIS N° 825 – Source (Lecture libre avec ce lien – possibilité de voir ou entendre l’interview)


5 réflexions sur “Bruits de bottes inquiétants aux confins de l’Europe

  1. Pat 24/01/2022 / 22:18

    Pas assez convaincu pour être rassuré…
    On disait pareil en 38 malgré le traité de Versailles qui n’a pas empêché l’annexion de l’Autriche.

    • Libres jugements 25/01/2022 / 09:56

      C’est vrai que les propos de Boniface se veulent rassurants et pourtant une simple étincelle pourrait mettre le feu aux poudres dans cette région…
      Rappelons-nous que l’Ukraine a un sous-sol riche, qu’elle faisait partie du bloc soviétique, etc.
      Que le »tsar » Poutine règne en dictateur… D’ailleurs à ce sujet, du temps où était décriée et citée, en exemple, anti-démocratique, la gestion « socialiste-communiste-prolétarienne” de l’Union soviétique, personne ne mouftait sur les dictatures de droite… comme aujourd’hui avec certains ex-satellites de l’URSS pas plus que celle de Poutine… Ah! oui, c’est un marché et des transactions commerciales possibles alors…
      Cordialement
      Michel

    • luc nemeth 27/01/2022 / 18:09

      Déjà en 35 à la veille de l’annexion de l’Éthiopie (État indépendant et dont la SDN était supposée garantir la souveraineté) les bonnes âmes disaient que Benito n’oserait pas…

  2. Danielle ROLLAT 26/01/2022 / 18:39

    Quelles réactions de ll’Europe et des Etats Unis après l’annexion de la Crimée ?

    • luc nemeth 28/01/2022 / 17:04

      Un problème aussi dont les démocraties occidentales n’en finissent pas de payer le prix (sur le plan intérieur) est leur inertie, pour ne pas dire plus, face au massacre -à caractère génocidaire- de Srebrenica. Car un tas de jeunes musulmans, qui jusque là auraient considéré comme une incongruité de… « faire ramadan », ont commencé à se dire que la peau d’un musulman ne vaut pas cher

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