Une idée… comme une autre…

… Certaines-certains candidates-candidats, au lieu de sans tenir à un programme sociale et de gestion de bon aloi, …

… pensent que pour être élu il faut se démarquer en proposant une avancée souvent illusoire, irréalisable… Ces élections (présidentielle et législatives derrière) sont menées comme un show médiatique, une représentation théâtrale,c’est bien une séquence clownesque de la politique à laquelle nous assistons contre notre gré… Cela augure d’une bien triste future représentation des fonctions présidentielles si un des droitiers Macron-Pécresse ou extrêmes droitiers (je n’y croit pas mais… Surprise ? — Désagréable!). MC


Dans le programme présidentiel qu’Anne Hidalgo a enfin dévoilé la semaine dernière, au cas où, on note une mesure qui circule à gauche depuis quelque temps : le droit de vote à 16 ans.

On suppose que la candidate du PS pense que c’est un moyen d’inciter les jeunes à s’intéresser à la politique et de les amener ainsi aux urnes. Il est vrai que ce n’est pas du luxe : aux dernières élections régionales, l’abstention atteignait 85% chez les moins de 35 ans… Hidalgo, comme d’autres à gauche, fait donc le pari que le rejet de la politique se produit entre 16 et 18 ans.

Audacieux. Mais surtout inutile, puisque deux geeks dynamiques comme Macron les aime ont trouvé la solution : une appli pour smartphones. Baptisée Elyze, elle fonctionne comme l’application de rencontres Tinder. Mais au lieu de dénicher le ou la partenaire sexuel(le) qui vous convient le mieux, elle vous indique quel(le) candidat(e) à la présidentielle correspond le plus à vos attentes. Rassurez-vous, vous n’êtes pas obligé de coucher avec. Ce qui explique peut-être son succès.

Lancée le 2 janvier, Elyze a fait un carton : plus de 500 000 personnes l’ont téléchargée, lui offrant la première place sur App Store et Play Store.

Cette application censée pousser la jeunesse à renouer avec la politique est sans doute amusante à expérimenter – il paraît, selon Le Parisien, que Jean Lassalle arrive très souvent en seconde position dans les résultats, ce qui est en effet très rigolo. Elle est « ludique », pour utiliser le mot-valise des experts en marketing numérique.

Mais confier à un algorithme le soin de déterminer pour quel candidat l’on est censé voter à telle ou telle élection est un jeu hasardeux. Car les conséquences d’un vote, c’est dans la vraie vie qu’elles se produisent, pas dans un « métayers ». Pour le coup, la formule « élections, piège à cons » prend tout son sens. Sans oublier l’inévitable question de la sécurité – notoirement plus que relative dans l’univers ultralibéral des « nouvelles technologies » – des données personnelles. À ce compte-là, autant supprimer l’isoloir.

Depuis longtemps sous la coupe de conseillers en com omniprésents, la politique n’a certes pas attendu cette nouvelle trouvaille 2.0 pour devenir un objet de marketing. Il n’empêche que cette application la fait basculer pour de bon dans le champ de la conso pure et dure. Elle devient définitivement un produit comme un autre, que le citoyen, transformé lui en consommateur jusque dans son geste le plus symbolique – le vote -, est invité à bouffer ou à vomir, selon son humeur. Ou, plus vraisemblablement, selon les caprices insondables de l’algorithme.

Quant au candidat au suffrage universel, puisque c’est de cela qu’il s’agit ici, on peut le voir au choix comme un sachet de corn flakes, un livreur de sushis, un chauffeur Uber, un paquet Amazon, une série sur Netflix, ou, si vraiment on est de bon poil, comme te coup d’un soir, puisqu’on est presque sur Tinder. Ce qui serait vraiment chouette, en plus, ce serait de pouvoir les noter avec des étoiles.

Bien entendu, pour le moment, on ne parle que d’une application essentiellement récréative. Même si l’ambition des créateurs du gadget Elyze est grande et noble, on reste dans le «fun». Mais on attend quand même la suite, qui, sans doute, est déjà en train de germer dans le cerveau d’autres geeks.

Les Zuckerberg de demain turbinent sans répit pour concevoir les prothèses numériques qui nous assureront une vie 100 % connectée, sans soucis, sans corvées d’intendance ou de devoir démocratique, et surtout sans nécessité de réfléchir. L’appli s’occupera de tout. C’est vrai que ça serait quand même plus pratique.


Gérard Biard. Charlie hebdo. 19/01/2022


2 réflexions sur “Une idée… comme une autre…

  1. bernarddominik 23/01/2022 / 14:13

    Jadot a proposé la gratuité du covoiturage.
    Qui proposera la gratuité de l’air?
    Vote à 16 ans doublement du salaire des professeurs Hidalgo à encore 2 mois pour trouver autre chose.

  2. Pat 23/01/2022 / 23:01

    Bien sûr, bien sûr ! Si on leur dit pour qui voter et qu’en plus ils peuvent bientôt le faire en cliquant…ou, plus tard même en clignant d’un œil, ce sera beaucoup plus facile de manifester leur ferme engagement ! mais ne leur jetons pas la pierre ! Ceux qui s’approprient la démocratie en réclamant le plébiscite sont les premiers responsables.

Laisser un commentaire