Joe Biden, un an après : deux doigts de réussites et une bonne dose de déceptions

Aujourd’hui seuls 42% des Américains ont une opinion favorable de son mandat.

Comment expliquer ce désaveu ? 

Il convient d’abord de rappeler que l’opinion favorable à l’égard du président est traditionnellement, aux Etats-Unis, assez forte, beaucoup plus qu’en France par exemple, et que 42% est un chiffre faible et donc inquiétant pour le locataire actuel de la Maison Blanche.

Donald Trump fut confronté au même déficit de popularité pendant quatre ans, ce qui semble indiquer que la polarisation de la vie politique américaine est devenue telle que le président en exercice ne parvient pas à rassembler des soutiens au-delà de son camp. C’est fâcheux quand on sait que Joe Biden avait fait de la réconciliation le grand thème de sa campagne, fustigeant les divisions incarnées par Trump.

Un an après son arrivée à la Maison Blanche, on constate que ces divisions restent très fortes, et si le président ne peut être considéré comme le seul responsable, il s’est également montré incapable de les réduire. […]

Ajoutez à cela un bilan économique en demi-teinte, une diplomatie maladroite et un leadership souvent critiqué, plus l’activisme de Donald Trump et son influence chez les conservateurs et vous avez tous les ingrédients d’une présidence en manque de légitimité.

Les élections mi mandat, en novembre prochain, confirmeront si rien ne change d’ici là les profondes divisions partisanes, mais aussi l’échec de la réconciliation promise par Biden.

Qu’en est-il de son bilan en termes de politique extérieure ? Le désastre afghan est-il sa plus grande erreur ? 

La politique étrangère de Joe Biden, qui a la particularité d’être un fin spécialiste de ces questions, le plus expérimenté à ce poste depuis George Bush père, donne l’impression d’une multiplication d’hésitations et de maladresses.

Le dossier afghan est ici intéressant, pas parce qu’il s’agirait d’un désastre pour lequel blâmer Biden (ses deux prédécesseurs avaient pris l’engagement d’un retrait avant lui), mais plutôt dans la méthode. Des alliés peu consultés, l’absence de perspectives, et la fin confirmée d’un exceptionnalisme américain qui avait placé, depuis la fin de la Guerre froide, ce pays en position de force dans la résolution des conflits.

La question la plus importante reste cependant celle-ci: le monde est-il plus sécurisé aujourd’hui qu’il y a un an? La réponse est malheureusement non, et si les Etats-Unis n’en sont pas les seuls responsables, l’administration Biden porte une lourde responsabilité.

Tensions avec la Chine, création de l’Aukus au mépris des règles les plus élémentaires de la diplomatie et du respect des alliés, une gestion de la question ukrainienne qui nous ramène quarante ans en arrière… le bilan n’est pas bon et les tensions internationales sont très fortes. Biden était attendu dans son rôle de diplomate et de pacificateur, il doit encore prouver que son administration est à la hauteur.

Biden est-il toujours pris aux sérieux aux États-Unis et dans le monde ? 


Les États-Unis sont et resteront pris au sérieux dans le monde, quel qu’en soit le dirigeant. Mais, le monde a-t-il confiance dans les États-Unis? Sans doute moins aujourd’hui qu’il y a une vingtaine d’années. Là encore, Biden n’est pas à blâmer. Cependant, il n’est jusqu’à présent pas parvenu à restaurer la nécessaire confiance en un leadership américain fort. […]

Par ailleurs, quelles sont les réussites que l’on peut attribuer au président Joe Biden ? Quels sont les bons points du début de mandat de Joe Biden ?

[…] … l’engagement des États-Unis dans la lutte contre le réchauffement climatique, qui contraste là aussi avec l’administration Trump. Cela confirme l’idée selon laquelle, c’est la maladresse plus que les intentions qui doit être tenue pour responsable du bilan en demi-teinte de la première année de l’administration Biden.


Interview de Barthélémy Courmont – Lu dans la lettre N 825 – d’IRIS – Source (Accès libre)


Une réflexion sur “Joe Biden, un an après : deux doigts de réussites et une bonne dose de déceptions

  1. jjbadeigtsorangefr 21/01/2022 / 23:35

    La plus grande puissance capitaliste veut le rester ainsi l’avis de ses alliés compte peu car on reste très « America first ».
    Les sous marins australiens sont une illustration de cette volonté, la fin du blocus de Cuba n’est pas pour demain……………

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