Tristesse et colère.

On assiste à de tristes joutes, entre un président de la République vulgaire et diviseur et une candidate de droite qui reprend la violence des mots de l’ancien président Sarkozy, promettant de nettoyer au « Kärcher » les cités populaires, tandis que l’extrême-droite jubile dans l’antihumanisme.

Ce jeu malsain, où tout est fait pour détourner les regards des vrais enjeux, des souffrances populaires, de la situation dramatique des soignants comme des enseignants victimes de non-assistance à personnes et professions mises en danger et étouffer les forces de gauche et progressistes, ainsi que les organisations syndicales est très dangereux.

Face au nouveau variant dont personne ne sait s’il sera le dernier, le président de la République a choisi contre toute validation scientifique de laisser s’amplifier une contamination massive de la population, quitte à placer les hôpitaux au bord de la rupture et mettre en danger la santé et la vie des nombreux patients qui ne pourront pas accéder aux soins par manque de lits.

Ceux qui ne sont pas vaccinés ne sont pas responsables de cette situation. Et, la nouvelle loi sur le passe-vaccinal ne dit mot des besoins impérieux de l’hôpital, de la médecine et des moyens pour la recherche. Voilà ce que veut camoufler la vulgarité du président-candidat.
C’est à dessein qu’il emploie une langue vulgaire plutôt que vulgarisante. Cette nouvelle hystérisation du débat public cache aussi, la nature de la nouvelle loi : l’état d’urgence sans limite de durée.

Le choix de l’affrontement au lieu de la pédagogie et de la conviction n’a rien à voir avec les préoccupations sanitaires. Nous assistons là, à ce que la politique politicienne produit de plus pervers.

Pour les besoins de sa campagne électorale, Emmanuel Macron piétine l’une des missions principales d’un président de la République : être le garant de l’unité de la nation sans ostraciser des groupes de population.

Au-delà de telles manipulations, se profilent de dangereux glissements des conceptions républicaines. Ainsi ceux qui ne sont toujours pas vaccinés sont qualifiés « d’irresponsables » et selon ce président pourtant garant de la République et de « l’État de droit » : « un irresponsable n’est plus un citoyen ».

Voici décrétée une redoutable déchéance de citoyenneté. Et de redire, cette leçon de morale, déjà entonnée pendant ses vœux : « les devoirs valent avant les droits », qui bafoue l’esprit et la lettre de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Ses paroles ont un sens, comme les treize lois votées depuis le début de la crise sanitaire. Elles visent à laminer plusieurs de nos principes républicains sous couvert de sécurité et de protection sanitaire.

La gestion de cette crise est manipulée pour monopoliser la scène médiatique et pour déporter le débat politique sur les limites des droits de celles et ceux de nos concitoyens qui se trouvent aujourd’hui en minorité.

Les démocrates, les progressistes ont un immense travail pour redresser le débat public et insuffler des idées nouvelles dans le débat public pour défricher les chemins d’un changement de pouvoir et de société.


La lettre du 08 janv 2022 – Patrick Le Hyaric – Source (Extraits)


4 réflexions sur “Tristesse et colère.

  1. bernarddominik 10/01/2022 / 09:04

    En 5 ans Macron a fermé 25 000 lits d’hôpital.
    Aujourd’hui ils manquent, et malgré ses promesses le salaire d’une infirmière est un des plus bas de l’OCDE, et les primes liées aux horaires et jours fériés travaillés sont ridicules.
    Malgré une vaccination massive, 90%, la maladie continue de progresser et être vacciné ne protège pas des risques de décès même amoindris.
    Statistiquement, c’est contradictoire avec le discours officiel.
    D’un autre côté Valérie Pécresse reprend le discours sur la perte de souveraineté de l’état sur certains territoires, on sait que l’élection se joue à droite, il ne faut pas s’attendre à un discours social, même si la misère de ces quartiers aurait dû être au cœur du débat.
    Cependant, la perte de pouvoir d’achat de la middle class sera tout de même dans le débat, les piètres choix de Hollande et Macron en matière énergétique seront présents

    • Libres jugements 10/01/2022 / 09:36

      Bernard, j’adhère en grande partie à ton commentaire.
      Par contre, s’il faut considérer que « la classe moyenne » (middle class) est le plus majoritairement électrice (selon les stats) donc pourrait influer sur le choix de la candidature présidentielle; pourquoi ne pas affirmer avec toute la vigueur nécessaire que la perte du pouvoir d’achat, les difficultés à finir les mois, à régler son loyer l’EDF ou le gaz, comme le prix des transports, des cantines scolaires, des frais d’études des enfants, des soins de tous ordres et même, de l’habilement; de relater avec regret l’augmentation de la précarité et le grossissement des demandes d’assistances auprès des assos caritatives et d’en conclure que le mal principal de la gestion des gouvernements successifs de droites à produit certes du « ruissellement » mais uniquement dans un sens et qu’il faut y mettre fin en votant pour un vrai programme de gauche propre à changer la société, régulant le rapport : « trop d’un côté, vraiment pas assez de l’autre »…
      Cordialement,
      Michel

      • bernarddominik 10/01/2022 / 12:02

        Tu as tout à fait raison. Mais cela suppose une réforme en profondeur pour remonter les bas salaires et abaisser ceux qui sont exagérément élevés, je crois que même la gauche n’a pas proposé de loi fixant les règles de rémunération, pourtant ce type de loi permettrait un salariat plus homogène où les écarts de salaires seraient raisonnables. De plus la baisse de l’impôt sur les sociétés et la flat tax sur les dividendes favorisent les très riches.

  2. Danielle ROLLAT 12/01/2022 / 19:36

    Bonne nouvelle : 66% des hospitaliers et fonctionnaires des services sociaux, médico-sociaux, qui avaient refusé de se faire vacciner, suspendus de leurs fonctions sans pouvoir travailler dans une autre structurer, viennent d’être réintégrés après mise à jour de leur vaccination : cela représente 10.000 personnes qui vont soulager les collègues exsangues, proches du burn out, et dont certains venaient travailler en étant contaminés, sans présenter de grosse déficience. Cette épreuve et ce lynchage laisseront des traces..

Laisser un commentaire