Ressources…

Un avis qui pourrait vous intéresser, voir vous faire réagir, et même – on peut toujours rêver – point suprême, vous inciter à aller voter contre ce gouvernant et ces candidats « droitisés-extrême droitisés » alliés à la finance, se dirigeant vers une dictature cadenassant toutes libertés, légiférant au profit de certains possédants aisés, négligeant le pouvoir d’achat des salariés ! MC

Et si, après bientôt deux ans de Covid, un coin de ciel bleu apparaissait enfin pour les travailleurs ?

La situation est étonnante : un niveau d’emploi supérieur à celui qu’il était en 2019; des prix qui s’emballent; et, grâce au très gros chéquier de Bruno Le Maire, des entreprises plus rentables que jamais. Rendez-vous compte : leur «taux de marge» a atteint son plus haut niveau depuis… 1949, c’est-à-dire depuis que l’Insee a créé cet indicateur (1).

Même le chef des patrons l’a dit. « Il y a, je pense, beaucoup d’entreprises qui augmenteront les salaires en 2022 […]. Les salariés du privé attendent, après deux ans d’efforts, leur juste récompense », selon Geoffroy Roux de Bézieux (2). On notera que cette hausse ne concernera pas les fonctionnaires, dont le fameux « point d’indice » ne sera pas revalorisé.

Autrement dit, en remerciement de leurs efforts, soignants, personnels administratifs, enseignants et policiers verront leur niveau de vie baisser, une nouvelle fois, en 2022.

Mais dans le privé, pour la première fois depuis des siècles, les salaires augmentent : au Crédit mutuel, pas moins de 1 % de hausse ; chez Bouygues Construction, 2 % en plus pour les ouvriers ; du côté de TotalEnergies, dont les profits ont explosé suite à la hausse du prix du pétrole et du gaz, les salariés toucheront une prime de 550 euros brut.

Bref, dans la plupart des entreprises, les hausses de salaires seront du niveau de la hausse des prix. Le pouvoir d’achat va donc dans certains secteurs, tout juste se maintenir. Le fait que ces « minis » hausses de salaires fassent les gros titres de la presse en dit long sur le recul du salariat dans notre pays.

Le plus « rigolo », c’est ce qu’il se passe du côté des hôtels et restaus, qui ont perdu plus de 200.000 cuisiniers, serveuses ou réceptionnistes en un an. Grâce à l’arrêt forcé dû au Covid, de nombreux salariés se sont rendu compte qu’ils avaient des salaires vraiment très bas : dans la convention collective de cette joyeuse branche, les premiers niveaux de rémunération sont inférieurs au smic. Et tout ça pour des vies qui n’en sont pas.

Une ancienne serveuse : « Je finissais parfois à 1 heure du matin, je reprenais de 9 heures à 16 heures et recommençais à 18 heures. […] Mais tout ça pour 1 400 euros net (3)

Deux évolutions préoccupantes sont pointées par les salariés. D’une part, les anciens patrons ont été remplacés par des hommes d’affaires. Dans les restaus, on ne parle plus menu, service, mais, comme partout, marge, coûts, bénéfices, rentabilité.

Par ailleurs, comme l’explique une ex-salariée : «On faisait face à des colères injustifiées [des clients]. De plus en plus, les gens s’adressent à nous comme à des machines devant délivrer une prestation (3). »

Bref, la volonté patronale de dégager un maximum de cash met une pression de dingue sur nous autres salariés, qui, sans même parfois nous en rendre compte, devenons de gros cons lorsque nous sommes du bon côté de la Carte bleue. Et ce travers, la Covid, qui fait de nous des donneurs d’ordre à une multitude de livreurs, ne l’a pas corrigé, bien au contraire.

Dessin de Juin – Charlie Hebdo – 05/01/2022

Jacques Littauer. Charlie Hebdo. 05/01/2022


  1. « Le taux de marge des entreprises est actuellement de 35,7 % de la valeur ajoutée. Cela signifie qu’une fois qu’elles ont tout payé, salariés, fournisseurs, impôts, etc., elles gardent dans leurs caisses un tiers de la valeur qu’elles ont créée ».
  2. « Les entreprises sous pression pour augmenter les salaires » (Le Figaro, /5 décembre 2021).
  3. « Il va falloir se rendre compte que les gens ne sont plus corvéables à merci » (Le Monde, 29 septembre 2021).

2 réflexions sur “Ressources…

  1. bernarddominik 09/01/2022 / 13:37

    Les bénéfices des entreprises augmentent et Macron baisse l’impôt sur les bénéfices. En 50 ans il a été divisé par 2, et dans le même temps la part des salaires dans la valeur ajoutée à baissé de 30%. Pour remplacer cette perte taxation de la santé (en 15 ans le taux de taxation de la santé à été multiplié par 7) suppression de la loi Veil permettant ainsi au gouvernement de ne plus compenser les baisses de charges et les remises qu’il consent, fragilisant ainsi assurance maladie et retraites, et augmentant les profits des entreprises, taxation de l’électricité (30% de taxes) et de l’eau, oui Macron c’est bien le socialisme à l’envers: taxation des pauvres pour augmenter les profits des riches.

  2. jjbadeigtsorangefr 09/01/2022 / 17:59

    Rien de tel que la bouffe pour se faire du blé.

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